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Lettre · 13 chapitres

2 Corinthiens

2Co 3,4-11
Liturgie · mercredi, 10ᵉ sem. ordinaire (impaire)
Bible Crampon (1923)

4 Cette assurance, nous l'avons par le Christ en vue de Dieu.

5 Ce n'est pas que nous soyons par nous-mêmes capables de concevoir quelque chose comme venant de nous-mêmes ; mais notre aptitude vient de Dieu.

6 C'est lui également qui nous a rendus capables d'être ministres d'une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l'esprit ; car la lettre tue, mais l'esprit vivifie.

7 Or, si le ministère de la mort, gravé en lettres sur des pierres, a été entouré de gloire au point que les fils d'Israël ne pouvaient fixer leurs regards sur la face de Moïse à cause de l'éclat de son visage, tout passager qu'il fût,

8 combien plus le ministère de l'esprit ne sera-t-il pas entouré de gloire ?

9 C'est qu'en effet, si le ministère de la condamnation a été glorieux, le ministère qui confère la justice le surpasse de beaucoup.

10 Et même, sous ce rapport, ce qui a été glorifié autrefois ne l'a pas été, en comparaison de cette gloire infiniment supérieure.

11 Car, si ce qui était passager a été donné dans la gloire, à plus forte raison ce qui est permanent sera-t-il glorieux.

— 2Co 3,4-11 —
Commentaire

DE LA 2ème LETTRE AUX CORINTHIENS

Commentaire

1. Situation

La 2ème Lettre de Paul aux Corinthiens comprend, à vrai dire, 2 lettres, la 1ère, appelée Lettre A, regroupant les chapitres 1 - 9, la 2nde, appelée Lettre B, les chapitres 10 - 13. Cette division est admise par la plupart des spécialistes, même si certains sont allés jusqu'à y découvrir un ensemble de 5 lettres de Paul.

Personne, en revanche, ne met en doute que cette lettre, en son état actuel, soit un texte authentique de Paul, sauf peut-être pour les versets 6, 14 - 7, 1, qu'un certain nombre considèrent comme postérieurs à Paul.

La Lettre A a dû être écrite au printemps de l'année 55, soit environ un année après la 1ère Lettre de Paul aux Corinthiens, tandis que la Lettre B aurait été écrite quelques mois seulement plus tard que la Lettre A, au cours de l'été 55.

Dans ces 2 Lettres, A et B, Paul se trouve sur la défensive face aux chrétiens de Corinthe.

Relisant cette Lettre dans son unité d'ensemble actuelle, nous y distinguons, entre l'adresse et la prière de bénédiction de l'introduction (1, 1 - 11) et les salutations et la bénédiction finale de la conclusion (13, 11 - 13), deux grandes parties qu'on pourrait intituler : - Paul le conciliateur (1, 12 - 9, 15), - Paul se met en situation d'attaquant pour mieux se défendre (10, 1 - 13, 10).

Dans la Lettre A, après une introduction (1, 1 - 11), Paul commence par expliquer pour quelles raisons il a dû annuler un voyage qu'il avait prévu à Corinthe (1, 12 - 2, 13), puis il définit les critères d'un apostolat authentique au service de la cause de Jésus ( 2, 14 - 6, 10). Il reparle ensuite de ses relations avec l'Eglise de Corinthe dans une 3ème partie (6, 11 - 7, 16) avant de conclure sur un appel à participer généreusement à la collecte qu'il a organisée pour les pauvres de l'Eglise de Jérusalem (8, 1 - 9, 15).

Dans la Lettre B (ou 2ème partie de notre actuelle 2ème Lettre aux Corinthiens), Paul se livre d'abord à une défense préliminaire (10, 1 - 18), avant de se lancer, selon une attitude qu'il qualifiera de "folie", dans un discours plein d'emportement (11, 1 - 12, 13), et de conclure sa défense (12, 14 - 13, 10).


Notre passage se situe dans le 2ème argument de la 1ère grande partie de cette Lettre (ou de la Lettre A).

2. Message

Paul a une conception très haute de sa mission reçue de Dieu, qui l'a rendu capable de participer à un ministère totalement nouveau si on le compare au ministère de l'Ancienne Alliance.

Ce ministère est la conséquence directe du salut accompli par Dieu en Jésus Christ, qui a réalisé une Alliance, nouvelle et définitive, qui est source de vie, dans ls souffle et l'action de l'Esprit, et qui est porteuse d'une gloire incomparablement supérieure à celle de l'Ancien Testament.

3. Decouvertes

Deuxième grand thème abordé par Paul dans la 1ère partie de cette 2ème Lettre aux Corinthiens, celui de l'autorité de l'apôtre.

Les 2 premiers versets de notre texte (3, 4 - 5) terminent un premier argument concernant la légitimité de la mission aposstolique de Paul (2, 14 - 3, 6). Paul n'est pas un charlatan qui "trafique" la Parole de Dieu. Au contraire, c'est avec sincérité qu'il parle, de la part de Dieu, et face à Dieu dans le Christ (2, 17). Il ne se recommande pas lui-même pour autant : sa lettre de recommandation est une lettre qui vient du Christ, et qu'il écrit, comme apôtre, ave l'Esprit de Dieu, dans le coeur de ceux qui accueillent sa Parole.

C'est donc de Dieu, et non pas du tout de lui-même, que Paul tient son ministère et sa responsabilité apostolique : il travaille donc pour Dieu.

Dans les versets 3, 6 - 18, Paul précise en quel sens il est ministre d'une Alliance Nouvelle en comparant la relation entre Dieu et le peuple de l'Ancienne Alliance avec la nouvelle relation qu'il vient d'établir, par et dans le Christ, avec tous ceux qui acceptent la Bonne Nouvelle de Jésus.

Un contraste caractérisé se définit pour lui entre ces deux types de relation, contraste qui se traduit dans les oppositions "lettre de la Loi" et "Esprit de Dieu", "mort" et "vie", "Ancienne Alliance" et "Nouvelle Alliance".

Développant l'argument de la "lettre écrite" que Paul vient d'utiliser, les versets 6 - 11 nous présentent la "Loi", pivot de l'Ancienne Alliance, en des termes très négatifs : la lettre tue, le ministère basé sur un texte écrit qui est gravé sur des tables de pierre conduit à la mort, et, de plus, il n'a eu qu'un temps et n'était pas fait pour demeurer (3, 6 et 11).

Et même si, comme Paul l'admet, l'Ancienne Alliance était réellement accompagnée d'une grande gloire, cette gloire est elle-même très fortement dépassée.

Paul s'exprime ici en converti, qui a été totalement transformé et retourné par le Christ qui est désormais pour lui l'unique centre de salut.

4. Prolongement

Bien que n'ayant pas reçu l'expérience radicale de Paul, qui l'a fait passer du statut de Docteur Juif et Pharisien au statut de Docteur des Nations, nous sommes appelés à vivre sans cesse l'ultime Nouveauté de la mssion accomplie par Jésus, et transmise par sa parole, dans l'Esprit Saint.

Les contrastes si puissants que Paul emploie lorsqu'il compare l'Ancien et le Nouveau Testaments ne l'ont jamais empêché de toujours voir Jésus comme l'accomplissement définitif, réalisé une fois pour toutes, de tout le plan de Dieu selon l'unique promesse faite par Dieu à Abraham et à sa descendance (accomplissement ne pouvant donc être compris que dans le cadre obligé de toute l'histoire d'Israël), ni d'espérer de toutes ses forces qu'au terme de l'achèvement réalisé par Jésus, Israël reprendra sa place de "fils aîné" dans le peuple de Dieu rénové (Romains, 9 - 11).

L'un des textes les plus complets dans lequel Paul nous relate et nous partage son expérience :

4 J'aurais pourtant sujet, moi, d'avoir confiance même dans la chair ; si quelque autre croit avoir des raisons de se confier dans la chair, j'en ai bien davantage :

5 circoncis dès le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu fils d'Hébreux ; quant à la Loi, un Pharisien ;

6 quant au zèle, un persécuteur de l'Église ; quant à la justice que peut donner la Loi, une homme irréprochable.

7 Mais tous ces avantages dont j'étais pourvu, je les ai considérés comme un désavantage, à cause du Christ.

8 Bien plus, désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. A cause de lui j'ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ,

9 et d'être trouvé en lui, n'ayant plus ma justice à moi, celle qui vient de la Loi, mais la justice par la foi au Christ, celle qui vient de Dieu et s'appuie sur la foi ;

10 le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort,

11 afin de parvenir si possible à ressusciter d'entre les morts.

12 Non que je sois déjà au but, ni déjà devenu parfait ; mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, ayant été saisi moi-même par le Christ Jésus.

Prière

*Seigneur Jésus, ton apôtre Paul ne voulait que connaître et annoncer que toi, et toi seul, crucifié-ressuscité, et il n'a cessé de proclamer que de te croire Seigneur et t'affirmer vivant, ressuscité d'entre les morts, suffisait pour que nous soyons sauvés : renouvelle en moi cette conviction centrale très profonde qui doit donner sens et lumière à toutes les valeurs et expressions humaines que je manifeste chaque jour. AMEN.

11.06.2003.*