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Lettre · 13 chapitres

2 Corinthiens

2Co 1,1-11
Liturgie · lundi, 10ᵉ sem. ordinaire (impaire)
Bible Crampon (1923)

1 Paul, apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, et Timothée son frère, à l'Eglise de Dieu qui est à Corinthe, et à tous les saints qui sont dans toute l'Achaïe :

2 grâce et paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ !

3 Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation,

4 qui nous console dans toutes nos tribulations, afin que, par la consolation que nous recevons nous-mêmes de lui, nous puissions consoler les autres dans toutes leurs afflictions !

5 Car de même que les souffrances du Christ abondent en nous, de même aussi par le Christ abonde notre consolation.

6 Si nous sommes affligés, c'est pour votre consolation et pour votre salut ; si nous sommes consolés, c'est pour votre consolation, qui vous fait supporter avec patience les mêmes souffrances que nous endurons aussi.

7 Et notre espérance à votre égard est ferme, parce que nous savons que, comme vous avez part aux souffrances, vous avez part aussi à la consolation.

8 Nous ne voulons pas, en effet, vous laisser ignorer, frères, au sujet de la tribulation qui nous est survenue en Asie, que nous avons été accablés au delà de toute mesure, au delà de nos forces, à tel point que nous désespérions même de la vie ;

9 mais nous avions en nous-mêmes l'arrêt de notre mort, afin de ne pas mettre notre confiance en nous-mêmes, mais de la mettre en Dieu, qui ressuscite les morts.

10 C'est lui qui nous a délivrés de cette mort si imminente, qui nous en délivre, et qui, nous l'espérons, nous délivrera dans la suite,

11 surtout si vous-mêmes vous nous assistez aussi de vos prières, afin que ce bienfait, nous étant accordé en considération de beaucoup de personnes, soit aussi pour un grand nombre l'occasion de rendre grâces à notre sujet.

— 2Co 1,1-11 —
Commentaire

DE LA 2ème LETTRE AUX CORINTHIENS

Commentaire

1. Situation

La 2ème Lettre de Paul aux Corinthiens comprend, à vrai dire, 2 lettres, la 1ère, appelée Lettre A, regroupant les chapitres 1 - 9, la 2nde, appelée Lettre B, les chapitres 10 - 13. Cette division est admise par la plupart des spécialistes, même si certains sont allés jusqu'à y découvrir un ensemble de 5 lettres de Paul.

Personne, en revanche, ne met en doute que cette lettre, en son état actuel, soit un texte authentique de Paul, sauf peut-être pour les versets 6, 14 - 7, 1, qu'un certain nombre considèrent comme postérieurs à Paul.

La Lettre A a dû être écrite au printemps de l'année 55, soit environ un année après la 1ère Lettre de Paul aux Corinthiens, tandis que la Lettre B aurait été écrite quelques mois seulement plus tard que la Lettre A, au cours de l'été 55.

Dans ces 2 Lettres, A et B, Paul se trouve sur la défensive face aux chrétiens de Corinthe.

Dans la Lettre A (à laquelle appartient notre page), après une introduction (1, 1 - 11), Paul commence par expliquer pour quelles raisons il a dû annuler un voyage qu'il avait prévu à Corinthe (1, 12 - 2, 13), puis il définit les critères d'un apostolart authentique au service de la cause de Jésus ( 2, 14 - 6, 10). Il reparle ensuite de ses relations avec l'Eglise de Corinthe dans une 3ème partie (6, 11 - 7, 16) avant de conclure sur un appel à participer généreusement à la collecte qu'il a organisée pour les pauvres de l'Eglise de Jérusalem (8, 1 - 9, 15).


Notre passage est l'introduction de cette Lettre.

2. Message

Marqué par l'expérience d'une souffrance à la fois physique, dûe à des événements qui semblent avoir fortement menacé sa vie même (voir les versets 8 - 11) de témoin du Christ, et morale, en raison de difficultés locales qui ont assombri ses relations avec les Corinthiens, Paul s'adresse, pour au moins la seconde fois, à cette Eglise turbulente.

Dans la prière qui suit l'adresse, écrite en termes classiques, il bénit Dieu qui seul est capable d'apporter réconfort et consolation à ceux qui, comme lui, ont été ou sont dans l'épreuve.

Si les épreuves sont vécues dans la foi comme participation à la passion du Christ, elles permettent également au réconfort qu vient de Dieu de se manifester.

En conséquence, Paul vit l'épreuve et le réconfort en communion avec ses frères et soeurs les chrétiens de Corinthe qu'il soutient ainsi par son expérience de croyant, qui leurapporte réconfort et endurance s'ils sont, de leur côté, appelés à participer, d'une façon ou d'une autre, aux souffrances du Christ.

3. Decouvertes

Dans les deux premiers versets de cette lettre, nous en lisons l'adresse, écrite selon les canons littéraires en vigueur, et présentant Timothée comme en étant co-auteur avec Paul.

Les versets 3 - 7 , qui terminent notre lecture de ce jour, sont le début d'une bénédiction qui va jusqu'au verset 11, les versets 8 à 11 étant indispensables pour comprendre le genre d'épreuve, vécue en relation avec Dieu, dont parle ici Paul, même si l'on ne peut affirmer avec certitude s'il sagit d'une maladie ou d'une persécution suvenues en Asie, probablement dans la région d'Ephèse. Il est ainsi habituel pour Paul de faire suivre la présentation des destinataires de ses lettres d'une formule de bénédiction ou d'action de grâces.

Dans cette prière, Paul se situe nettement dans une position de solidarité avec les Corinthiens et les chrétiens de Grèce. Le terme "d'épreuve", ou plutôt "d'affliction", qu'il emploie, vise autant la souffrance physique (1, 8), que la souffrance morale liée à une rupture de relations (2, 4 et 7, 7 - 8).

C'est en se situant face aux souffrances du Christ (1, 5), qu'il invite les croyants, membres comme lui du corps du Christ, à participer à son affliction, ainsi qu'aux consolations qu'il reçoit du Seigneur (voir Colossiens, 1, 24).

A noter que le thème de la consolation est souvent mentionné en parallèle avec celui de l'affliction, et que, de la part de Paul, parler dans la foi les épreuves qu'il subit ou a subies, le situe dans une position d'autorité comparable à celle du Seigneur Jésus, le type parfait du juste éprouvé et du "Serviteur" souffrant.

4. Prolongement

Dans cette Lettre aux Corinthiens, Paul fera, à plusieurs reprises, en des textes tous importants, appel à son expérience d'homme éprouvé et persécuté de différentes manières tout au long de son ministère : voir 4, 7 - 15; 6, 4 - 10 et 11, 16 - 12, 10. Expérience qui est, à la fois, témoignage de l'engagement de sa foi et partage de sa façon de vivre en toutes choses le mystère du Christ ( Galates, 2, 20).

Dans une bénédiction semblable, au même endroit du début de sa lettre, l'auteur de la 1ère Lettre de Pierre écrit :

6 Vous en tressaillez de joie, bien qu'il vous faille encore quelque temps être affligés par diverses épreuves,

7 afin que, bien éprouvée, votre foi, plus précieuse que l'or périssable que l'on vérifie par le feu, devienne un sujet de louange, de gloire et d'honneur, lors de la Révélation de Jésus Christ.

Il précise ensuite, plus loin dans cette même lettre :

20 ... Mais si, faisant le bien, vous supportez la souffrance, c'est une grâce auprès de Dieu.

21 Or, c'est à cela que vous avez été appelés, car le Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un modèle afin que vous suiviez ses traces,

22 lui qui n'a pas commis de faute - et il ne s'est pas trouvé de fourberie dans sa bouche ;

23 lui qui insulté ne rendait pas l'insulte, souffrant ne menaçait pas, mais s'en remettait à Celui qui juge avec justice ;

24 lui qui, sur le bois, a porté lui-même nos fautes dans son corps, afin que, morts à nos fautes, nous vivions pour la justice ; lui dont la meurtrissure vous a guéris.

Prière

*Seigneur Jésus, dès ta résurrection d'entre les morts, tu as enseigné avec force à tes disciples, qui n'en croyaient pas leurs yeux, qu'il "fallait que le Christ souffrît et mourût pour entrer dans le gloire", en rappelant que cette nécessité avait été annoncée dans les Ecritures de l'Ancien Testament, présentant en particulier l'abaissement total, ainsi que l'élévation en gloire, du "Serviteur souffrant" : apprends-moi à lire dans les épreuves qu'il m'arrive de surbir, ou que je vois subies autour, ou auprès de moi, dans l'existence de mes frères et soeurs, le "lieu" où tu te révèles le plus proche de nous, et où tu nous prends en charge dans la propre souffrance de ton engagement jusqu'à la mort de la croix, inscrit à jamais dans ta vie transfigurée de Ressuscité. AMEN.

09.06.2003.*