Jour 358 ☼ — Le Grand Prêtre venu d'ailleurs
← J357 ☾ · 📋 Index · 🎧 Écouter · J358 ☾ →
Résumé : Cet épisode ouvre le cœur de la lettre aux Hébreux : Jésus est le grand prêtre parfait. Le frère Paul-Adrien prévient d'abord ses auditeurs de la construction du passage — la thèse centrale, l'apparition de Melchisédech, puis une vigoureuse secousse de l'auditoire endormi avant le retour au sujet. La lecture couvre Hébreux 4,14 à 7,17 : le grand prêtre éprouvé en toutes choses, les conditions canoniques du sacerdoce, l'avertissement aux « paresseux pour écouter », le serment fait à Abraham et le long midrash sur Melchisédech. Le commentaire explique pourquoi la prière de Jésus est la plus parfaite que la terre ait portée — parce qu'elle prend la forme d'un sacrifice — et pourquoi Melchisédech, roi de justice et roi de paix, annonce dès l'origine un sacerdoce supérieur à celui d'Aaron.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Nous commencerons aujourd'hui une nouvelle partie qui est le cœur de cette lettre aux Hébreux : Jésus est le grand prêtre parfait. Avant qu'on y aille, j'attire juste votre attention sur la manière dont ce passage est construit. On va commencer par vous donner la thèse centrale, que Jésus est le grand prêtre parfait parce qu'il est compatissant. Et ensuite, on va vous évoquer une figure mystérieuse qu'on avait déjà vue dans l'Ancien Testament : Melchisédech.
C'est quand Abraham était parti faire une guerre. Il avait gagné une guerre qu'on appelle la guerre contre les cinq rois. Et à un moment donné, il y a un être mystérieux qui arrive, un Melchisédech. Et Abraham s'inclinait devant lui, pour lui offrir du pain et du vin. Et on ne savait pas d'où était ce Melchisédech, et on ne sait pas ensuite ce qu'il en a fait. Il est reparti comme ça. Je ne peux pas vous en dire beaucoup plus, parce que c'est simplement ces deux versets-là. On en avait parlé longuement dans la Genèse. Eh bien voilà qu'il va refaire son apparition aujourd'hui. Bon, un homme averti en vaut deux. Maintenant que je vous ai prévenu, vous ne serez pas étonné quand vous le verrez revenir.
Mine de rien, l'auteur va simplement évoquer Melchisédech. Et après, pouf, il va faire semblant de l'oublier. Parce qu'en fait, il est en train de s'apercevoir que ses auditeurs sont en train de s'endormir en face de lui. Et donc il secoue ses auditeurs pour les réveiller. Vous allez l'entendre : « Sur ce sujet, nous avons bien des choses à dire et elles sont difficiles à expliquer, mais vous êtes devenus paresseux pour écouter. » Donc là, il va secouer son assemblée, qui va se reprendre en main. Comme ça, ça va durer quelques paragraphes. Et ensuite, quand tout le monde est bien réveillé, là, on retournera sur Melchisédech.
OK, donc ne vous endormez pas, et bonne écoute.
Lecture : Hébreux 4-7
En Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux. Tenons donc ferme l'affirmation de notre foi. En effet, nous n'avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses à notre ressemblance, excepté le péché. Avançons-nous donc avec assurance vers le trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.
Hébreux, chapitre 5.
Tout grand prêtre, en effet, est pris parmi les hommes. Il est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leur relation avec Dieu. Il doit offrir des dons et des sacrifices pour les péchés. Il est capable de compréhension envers ceux qui commettent des fautes par ignorance ou par égarement, car il est, lui aussi, rempli de faiblesses. Et à cause de cette faiblesse, il doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés, comme pour ceux du peuple. On ne s'attribue pas cet honneur à soi-même, on est appelé par Dieu, comme Aaron.
Il en est bien ainsi pour le Christ. Il ne s'est pas donné à lui-même la gloire de devenir grand prêtre, il l'a reçue de Dieu qui lui a dit : « Tu es mon Fils. Moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. » Car il lui dit aussi, dans un autre psaume : « Tu es prêtre de l'ordre de Melchisédech pour l'éternité. »
Pendant les jours de sa vie dans la chair, il offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort. Et il fut exaucé en raison de son grand respect. Bien qu'il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l'obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel, car Dieu l'a proclamé grand prêtre de l'ordre de Melchisédech.
Sur ce sujet, nous avons bien des choses à dire, et elles sont difficiles à expliquer, puisque vous êtes devenus paresseux pour écouter. Depuis le temps, vous devriez être capables d'enseigner, mais de nouveau vous avez besoin qu'on vous enseigne les tout premiers éléments des paroles de Dieu. Vous en êtes au point d'avoir besoin de lait, et non de nourriture solide. Celui qui est encore nourri de lait ne comprend rien à la parole de justice : ce n'est qu'un petit enfant. Aux adultes, la nourriture solide, eux qui, par la pratique, ont des sens exercés au discernement du bien et du mal.
Hébreux, chapitre 6.
Nous élever à la perfection d'adultes : voilà donc ce que nous allons faire, si Dieu le permet.
Une fois que l'on a reçu la lumière, goûté aux dons du ciel, que l'on a eu part à l'Esprit Saint, que l'on a goûté la parole excellente de Dieu, ainsi que les puissances du monde à venir, si l'on retombe, il est impossible d'être amené à une nouvelle conversion, alors que soi-même on crucifie de nouveau le Fils de Dieu et on le tourne en dérision. En effet, la terre a absorbé la pluie qui tombe fréquemment sur elle et produit des plantes utiles à ceux pour qui elle est cultivée : elle reçoit de Dieu sa part de bénédiction. Mais si elle donne des épines et des chardons, elle est jugée sans valeur et bien près d'être maudite. Elle finira par être brûlée.
En ce qui vous concerne, mes bien-aimés, et malgré ce que nous venons de dire, nous sommes convaincus que vous êtes dans la meilleure de ces situations, celle qui est liée au salut, car Dieu n'est pas injuste. Il n'oublie pas votre action, ni l'amour que vous avez manifesté à son égard en vous mettant au service des fidèles et en vous y tenant. Notre désir, c'est que chacun d'entre vous manifeste le même empressement jusqu'à la fin, pour que votre espérance se réalise pleinement. Ne devenez pas paresseux ; imitez plutôt ceux qui, par la foi et la persévérance, obtiennent l'héritage promis.
Comme il ne pouvait prêter serment par quelqu'un de plus grand que lui, c'est par lui-même qu'il prête serment, et qu'il dit : « Je te comblerai de bénédiction et je multiplierai ta descendance. » Et ainsi, par sa persévérance, Abraham a obtenu ce que Dieu lui avait promis.
Les hommes prêtent serment par un plus grand qu'eux, et le serment est, entre eux, une garantie qui met fin à toute discussion. Dieu, donc, a pris le moyen du serment quand il a voulu montrer aux héritiers de la promesse, de manière encore plus claire, que sa décision était irrévocable. Dieu s'est ainsi engagé doublement, de façon irrévocable, et il est impossible que Dieu ait menti. Cela nous encourage fortement, nous qui avons cherché refuge dans l'espérance qui nous était proposée et que nous avons saisie. Cette espérance, nous la tenons comme une ancre sûre et solide pour l'âme. Elle entre au-delà du rideau, dans le sanctuaire, où Jésus est entré pour nous en précurseur, lui qui est devenu grand prêtre de l'ordre de Melchisédech pour l'éternité.
Hébreux, chapitre 7.
Ce Melchisédech était roi de Salem, prêtre du Dieu très haut. Il vint à la rencontre d'Abraham quand celui-ci rentrait de son expédition contre les rois. Il le bénit, et Abraham lui remit le dixième de tout ce qu'il avait pris.
D'abord, Melchisédech porte un nom qui veut dire « roi de justice ». Ensuite, il est roi de Salem, c'est-à-dire roi de paix. Et à son sujet, on ne parle ni de père, ni de mère, ni d'ancêtre, ni d'un commencement d'existence, ni d'une fin de vie. Cela le fait ressembler au Fils de Dieu, et il demeure prêtre pour toujours.
Regardez comme il est grand, celui à qui Abraham, le patriarche, a donné la dîme de son meilleur butin. Or, selon la loi de Moïse, les fils de Lévi qui reçoivent le sacerdoce ont l'habitude de percevoir la dîme sur le peuple, c'est-à-dire sur leurs frères, qui sont pourtant issus d'Abraham eux aussi. Melchisédech, lui, qui n'était pas d'ascendance lévitique, a perçu la dîme d'Abraham, et c'est lui qui a béni celui qui possédait les promesses. Or il est indiscutable que c'est toujours le supérieur qui bénit l'inférieur. D'ordinaire, ceux qui perçoivent la dîme sont des hommes qui meurent ; et ici, on atteste que celui-là reste en vie. À travers Abraham, Lévi lui-même, qui normalement perçoit la dîme, a été pour ainsi dire soumis à la dîme, car il était en germe dans le corps de son ancêtre quand Melchisédech vint à la rencontre de celui-ci.
Si l'on atteignait la perfection par le moyen du sacerdoce lévitique, sur lequel repose la législation du peuple, pourquoi faudrait-il que se lève un autre prêtre de l'ordre de Melchisédech, et qu'il ne soit pas appelé prêtre de l'ordre d'Aaron ? Or, s'il y a un changement de sacerdoce, il y a nécessairement aussi changement de loi. Celui dont il s'agit ici appartient à une autre tribu, dont aucun membre n'a jamais été au service de l'autel. En effet, il est clair que notre Seigneur a surgi de la tribu de Juda, pour laquelle Moïse ne dit rien quand il parle des prêtres. Les choses sont encore beaucoup plus claires si cet autre prêtre se lève à la ressemblance de Melchisédech et devient prêtre, non pas selon une exigence légale de filiation humaine, mais par la puissance d'une vie indestructible. Car voici le témoignage de l'Écriture : « Toi, tu es prêtre selon l'ordre de Melchisédech pour l'éternité. »
Commentaire
Jésus est le grand prêtre parfait. Parfait. Je suis en train d'essayer de comparer les religions : pensez à la prière des fondateurs. Jésus est le grand prêtre parfait, ça veut dire que la prière de Jésus est la plus parfaite que la terre ait jamais portée.
Alors maintenant, pourquoi ? Voyons ça de plus près. Parce que Jésus-Christ a souffert. Et que comme il a souffert, il sait de l'intérieur ce qu'est la condition humaine et ce que nous vivons. Et alors, c'est par sa souffrance que, vu de notre point de vue, ça le rend compatissant et solidaire de nous. Vu de son point de vue à lui, c'est ce qui lui a permis de nous accorder le pardon. Et vu du point de vue de Dieu, c'est ce qui lui a permis de prouver sa valeur. Et ça vous donne un grand prêtre, une prière qui est tellement puissante que ça vous donne un nouvel accès au trône de la grâce.
Alors, je n'arrête pas de comparer prière et grand prêtre. C'est quoi la différence ? La seule différence, c'est que le grand prêtre offre une prière, mais que la prière qu'il offre prend la forme d'un sacrifice. Ce n'est pas une louange, ce n'est pas un rite, ce n'est pas simplement des mots : c'est une offrande, un sacrifice. Normalement, c'est la forme classique de la prière. Nous, on pense d'abord à la prière : dans la prière, je parle à Dieu et je lui offre l'hommage de mon cœur. Historiquement parlant, dans la Bible, l'expression première de la prière, c'est le sacrifice. Je vous dis tout ça parce que ça vous permet aussi de mieux comprendre les enjeux de la lettre aux Hébreux.
Alors après, on avait un passage sur les conditions canoniques que devait remplir un grand prêtre, et que Jésus a remplies à la perfection. On va aller un peu rapidement là-dessus : on a dit qu'il était pris d'entre les hommes, on a dit qu'il était investi par Dieu, et on a dit qu'il était compatissant.
Et c'est là que l'auteur vous parlait de Melchisédech. Parce que c'est tellement différent que l'auteur est en train de vous dire qu'on est peut-être en train de passer à un autre ordre de grand prêtre. On était dans l'ordre d'Aaron : les grands prêtres, c'était les descendants d'Aaron. Là, on est dans l'ordre de Melchisédech, le sacerdoce éternel.
Et là, pour introduire Melchisédech, l'auteur passe par Abraham. En fait, il est en train de vous dire que pour montrer à Abraham qu'il allait vraiment réaliser sa promesse, lui donner un fils, c'est là qu'il lui a envoyé Melchisédech. Comme si jamais il voulait lui dire : le fils que je t'ai promis, voilà à quoi il va ressembler. À quelqu'un qui vient de nulle part, comme Melchisédech ; on ne sait pas où il va aller, comme Melchisédech ; il va être roi et prêtre, comme Melchisédech ; et tu vas lui donner du pain et du vin, comme si jamais c'était déjà une anticipation de l'Eucharistie.
C'est assez inhabituel pour nous, parce que d'habitude, quand on pense au fils promis à Abraham, on pense à Isaac, et le sacrifice d'Isaac nous fait penser au sacrifice de la croix. Là, l'auteur vous parle de Melchisédech, parce que précisément, le but, c'est de mettre en avant le sacerdoce éternel de Jésus. Ça, pour le coup, ce n'est pas Isaac, c'est Melchisédech.
Et là, vous aviez ce long midrash, dont on avait déjà parlé, en son temps, en son heure, dans le livre de la Genèse : Melchisédech, roi de justice, roi de Salem, roi de la paix, à qui Abraham offre le pain et le vin, et devant qui Abraham s'incline. Et en Abraham, c'est toute la descendance d'Abraham, grands prêtres compris, qui s'incline devant lui. Le but de ce midrash, c'est de vous dire que c'était prévu dès l'origine qu'un jour, il y a un sacerdoce supérieur qui arrive.
Proverbes 30,24-28
Il y en a quatre, tout petits sur la terre, mais sages entre les sages.
Les fourmis, race bien faible, qui font en été leurs provisions. Les damans, race chétive, qui dans le rocher se font un gîte. Point de roi chez les sauterelles, mais elles avancent toutes en bon ordre. Le lézard, on l'attrape à la main, mais il est chez lui au palais du roi.