10 Car Dieu n'est point injuste, pour oublier ce que vous avez fait et la charité que vous avez montrée pour son nom, vous qui avez servi et qui servez les saints.
11 Nous désirons seulement que chacun de vous montre le même zèle pour le plein épanouissement de l'espérance jusqu'à la fin ;
12 de telle sorte que vous ne deveniez pas nonchalants, mais que vous imitiez ceux qui, par la foi et la persévérance, héritent des promesses.
13 En effet, lorsqu'il fit la promesse à Abraham, Dieu, ne pouvant jurer par un plus grand, jura par lui-même,
14 en disant : Certes, je te comblerai de bénédictions et je te multiplierai grandement.
15 C'est ainsi qu'Abraham, ayant persévéré, vit s'accomplir la promesse.
16 Les hommes jurent par un plus grand, et, entre eux, la garantie du serment met un terme à toute contestation.
17 Aussi Dieu, voulant bien davantage faire voir aux héritiers de la promesse l'immutabilité de son dessein, s'engagea-t-il par un serment,
18 afin que, par deux réalités immuables, dans lesquelles il est impossible à un Dieu de mentir, nous soyons puissamment encouragés - nous qui avons trouvé un refuge - à saisir fortement l'espérance qui nous est offerte.
19 En elle, nous avons comme une ancre de notre âme, sûre autant que solide, et pénétrant par-delà le voile,
20 là où est entré pour nous, en précurseur, Jésus, devenu pour l'éternité grand prêtre selon l'ordre de Melchisédech.
DE LA LETTRE AUX HEBREUX
Commentaire
1. Situation
Parmi les oeuvres attribuées à Paul se trouve ce long traité célébrant la personne et l'oeuvre de Jésus Christ, et encourageant la fidélité à son Alliance. Ce document est un chef d'oeuvre dans le genre des premières homélies chrétiennes.
Cependant, les différences très nettes de style et de théologie entre ce document et les oeuvres de Paul reconnues par tous comme étant de lui, font qu'on ne peut attribuer à Paul cette Lettre aux Hébreux. Son auteur demeure donc pour nous anonyme.
Il est tout aussi difficile de dater exactement cette homélie. Elle est certainement antérieure à la 1ère Lettre de Clément de Rome aux Corinthiens, qui la cite, et qui, elle-même, ne semble pas être postérieure à l'an 110. Ce qui nous laisse, pour la composition de la Lettre aux Hébreux, une plage qui va de 50 à 90 de notre ère chrétienne, avec, peut-être, une préférence pour les années juste avant 70, compte tenu des nombreuses allusions au Temple de Jérusalem qui s'y trouvent, et de la date de destruction du Temple par les armées romaines, en 70.
Il semble assez probable que cette homélie aurait été adressée à des communautés chrétiennes d'Italie (voir Hébreux, 13, 24).
Dans cette homélie se suivent assez régulièrement des exposés doctrinaux et des exhortations. Tout le message en est centré sur le portrait du Christ, cause et source du salut, et modèle de notre conduite (2, 10; 5, 9; 9, 14; 12, 1 - 2). Les exhortations invitent à tenir bon dans la fidélité au message reçu (confession de foi, partenariat avec le Christ, et comportements que cela implique), ainsi qu'à progresser dans l'attachement au Christ, et dans l'endurance face aux défis du monde.
Cette homélie se déploie selon un plan très rigoureux : après un exorde sur la Parole définitive de Dieu en l'envoi de son Fils ( 1, 1 - 4), et avant la conclusion finale (13, 18 - 25), se succèdent 5 grandes parties : 1) Situation du Christ face à Dieu et aux hommes, finalement définie comme celle d'un "Grand Prêtre" (1, 5 - 2, 18), 2) Le Christ est prêtre, en tant qu'accrédité à la fois auprès de Dieu et des hommes (3, 1 - 5, 10), 3) Le Christ, Grand Prêtre des temps nouveaux, et prêtre d'un genre nouveau, donne accès au véritable sanctuaire, en pardonnant les péchés (5, 11 - 10, 39), 4) Ce qui est requis des chrétiens : la foi et l'endurance (11, 1 - 12, 13), 5) Tableau de l'existence chrétienne, présentée comme engagement sur le chemin de la sainteté et de la paix (12, 14 - 13, 17). A noter que chacune de ces parties est annoncée lors de la fin de la précédente : 1, 4; 2, 17; 5, 10; 10, 36 - 39; 11, 12 - 13.
Notre page se situe au début de la 3ème partie de cette homélie, à la fin d'une longue introduction.
2. Message
Notre page se situe à la fin d'une longue introduction (5, 11 - 6, 9) de la 3ème partie de cette homélie, laquelle développe les caractéristiques essentielles du sacerdoce du Christ en toute sa nouveauté (5, 11 - 10, 39).
L'auteur vient de faire constater à ses correspondants qu'ils sont devenus lents à comprendre le message, et donc ne sont guère adultes en leur foi, et c'est pourquoi il en rappelle les données essentielles (5, 11 - 6, 9), pour qu'ils en produisent les fruits attendus, signes du salut de Dieu qu'ils accueillent en leur vie.
En effet, Dieu, qui est bon et juste, tient compte de notre réponse à son appel. Que donc cette réponse continue de grandir dans la foi et la persévérance.
D'autre part, Dieu s'est engagé gratuitement et solennellement, sur lui-même, et en vérité, en renouvelant par un serment la promesse de bénédiction qu'il avait faite à Abraham, promesse qui s'est réalisée pour le patriarche. Dieu s'est ainsi doublement engagé, par sa promesse intiale, et par le serment par lui-même de Genèse, 22, 16.
N'hésitons donc pas à marcher selon l'espérance qu'il nous a proposée, et qui est telle une ancre, qu'avec la force de Dieu, nous avons jetée dans l'espace de son Royaume céleste, et à laquelle nous devons demeurer solidement attachés, à la suite de Jésus, qui est entré le premier dans ce Royaume de Dieu, Jésus, véritable Grand Prêtre, Pontife, lien et passage pour l'Eternité, dans la mesure où, d'après notre auteur, il est Grand Prêtre "à la façon de Melchisédek" (comme cela va nous être expliqué ensuite).
3. Decouvertes
Ainsi parvenons-nous au terme d'une admonition, qui s'est déroulée en deux exhortations directes (5, 11 - 6, 3 et 6, 4 - 12), avant de nous offrir, une fois de plus, l'assurance, fondée sur l'Ecriture, que nous pouvons compter sur Dieu, et nous fier entièrement à sa Parole (6, 13 - 20).
Au verset 10, notre espérance pour l'avenir se fonde sur l'expérience de notre générosité, vécue dans le passé.
Au verset 13, le rappel du serment fait par Dieu à Abraham, en Genèse, 22, 16 - 17, anticipe une réflexion en Hébreux, 7, 20 - 25, sur le serment divin, auquel fait encore référence le psaume 110, 4.
La solidité de la Parole de Dieu, qui ne change pas, est affirmée plusieurs fois dans la Bible, en Nombres, 23, 19; 1 Samuel, 15, 29; Psaume 89, 35; Isaïe, 40, 8; Jérémie, 4, 28.
L'image de "l'ancre", inconnue dans la littérature Biblique d'avant cette Lettre aux Hébreux, est classique dans la littérature grecque. Cette image d'un "accrochage" stable est cependant liée au "mouvement" de l'entrée de Jésus, en tant que notre Grand Prêtre, dans le Royaume de Dieu, et comme précurseur de la propre entrée que nous y ferons, grâce à lui et au salut de Dieu qu'il nous donne.
4. Prolongement
6 Jésus lui dit : " Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par moi
10 sachez-le bien, vous tous, ainsi que tout le peuple d'Israël : c'est par le nom de Jésus Christ le Nazôréen, celui que vous, vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts, c'est par son nom et par nul autre que cet homme se présente guéri devant vous.
11 C'est lui la pierre que vous, les bâtisseurs, avez dédaignée, et qui est devenue la pierre d'angle.
12 Car il n'y a pas sous le ciel d'autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés. "
37 Et le Père qui m'a envoyé, lui, me rend témoignage. Vous n'avez jamais entendu sa voix, vous n'avez jamais vu sa face,
38 et sa parole, vous ne l'avez pas à demeure en vous, puisque vous ne croyez pas celui qu'il a envoyé.
39 Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui me rendent témoignage,
40 et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie !
Prière
*Seigneur Jésus, toi seul es le chemin de vérité et de vie qui nous conduit au Père, en nous rendant capables, comme fils avec toi, de partager ta propre gloire et ta vie éternelle : donne-moi de ne jamais me séparer, ni m'écarter de toi, dans la conviction que je ne puis rien faire sans demeurer en toi, et que, dans la foi, et la grâce de ton Esprit-Saint, dont elle est inséparable, je me trouve place pour toujours à tes côtés, face au Père, et à tous mes frères et sœurs. AMEN.
21.01.2003.*