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He 7,1-17
Liturgie · mercredi, 2ᵉ sem. ordinaire (impair)
Traduction citée par L. Hamain

1 En effet, ce Melchisédek, roi de Salem, sacrificateur du Dieu Très Haut, -qui alla au-devant d'Abraham lorsqu'il revenait de la défaite des rois, qui le bénit,
2 et à qui Abraham donna la dîme de tout, -qui est d'abord roi de justice, d'après la signification de son nom, ensuite roi de Salem, c'est-à-dire roi de paix, -
3 qui est sans père, sans mère, sans généalogie, qui n'a ni commencement de jours ni fin de vie, -mais qui est rendu semblable au Fils de Dieu, -ce Melchisédek demeure sacrificateur à perpétuité
...
15 Cela devient plus évident encore, quand il paraît un autre sacrificateur à la ressemblance de Melchisédek, .
16 institué, non d'après la loi d'une ordonnance charnelle, mais selon la puissance d'une vie impérissable; .
17 car ce témoignage lui est rendu: Tu es sacrificateur pour toujours Selon l'ordre de Melchisédek. .
.

He 7,1-17
Commentaire

DE LA LETTRE AUX HEBREUX

Commentaire

1. Situation

Parmi les oeuvres attribuées à Paul se trouve ce long traité célébrant la personne et l'oeuvre de Jésus Christ, et encourageant la fidélité à son Alliance. Ce document est un chef d'oeuvre dans le genre des premières homélies chrétiennes.

Cependant, les différences très nettes de style et de théologie entre ce document et les oeuvres de Paul reconnues par tous comme étant de lui, font qu'on ne peut attribuer à Paul cette Lettre aux Hébreux. Son auteur demeure donc pour nous anonyme.

Il est tout aussi difficile de dater exactement cette homélie. Elle est certainement antérieure à la 1ère Lettre de Clément de Rome aux Corinthiens, qui la cite, et qui, elle-même, ne semble pas être postérieure à l'an 110. Ce qui nous laisse, pour la composition de la Lettre aux Hébreux, une plage qui va de 50 à 90 de notre ère chrétienne, avec, peut-être, une préférence pour les années juste avant 70, compte tenu des nombreuses allusions au Temple de Jérusalem qui s'y trouvent, et de la date de destruction du Temple par les armées romaines, en 70.

Il semble assez probable que cette homélie aurait été adressée à des communautés chrétiennes d'Italie (voir Hébreux, 13, 24).

Dans cette homélie se suivent assez régulièrement des exposés doctrinaux et des exhortations. Tout le message en est centré sur le portrait du Christ, cause et source du salut, et modèle de notre conduite (2, 10; 5, 9; 9, 14; 12, 1 - 2). Les exhortations invitent à tenir bon dans la fidélité au message reçu (confession de foi, partenariat avec le Christ, et comportements que cela implique), ainsi qu'à progresser dans l'attachement au Christ, et dans l'endurance face aux défis du monde.

Cette homélie se déploie selon un plan très rigoureux : après un exorde sur la Parole définitive de Dieu en l'envoi de son Fils ( 1, 1 - 4), et avant la conclusion finale (13, 18 - 25), se succèdent 5 grandes parties : 1) Situation du Christ face à Dieu et aux hommes, finalement définie comme celle d'un "Grand Prêtre" (1, 5 - 2, 18), 2) Le Christ est prêtre, en tant qu'accrédité à la fois auprès de Dieu et des hommes (3, 1 - 5, 10), 3) Le Christ, Grand Prêtre des temps nouveaux, et prêtre d'un genre nouveau, donne accès au véritable sanctuaire, en pardonnant les péchés (5, 11 - 10, 39), 4) Ce qui est requis des chrétiens : la foi et l'endurance (11, 1 - 12, 13), 5) Tableau de l'existence chrétienne, présentée comme engagement sur le chemin de la sainteté et de la paix (12, 14 - 13, 17). A noter que chacune de ces parties est annoncée lors de la fin de la précédente : 1, 4; 2, 17; 5, 10; 10, 36 - 39; 11, 12 - 13.


Notre page se situe dans la 3ème partie de cette homélie.

2. Message

L'auteur renvoie ici à la figure énigmatique de Melchisédek pour trouver dans l'Ancien Testament une anticipation du profil de Grand Prêtre réalisé pâr Jésus.

Il invoque à ce propos un certain nombre de points de comparaison.

Il insiste d'abord sur l'origine inconnue de Melchisedek (à comparer avec l'origine mystérieuse de Jésus, qui vient de Dieu).

Il cite également les titres attachés au nom de Melchisédek, "roi de justice" et "roi de paix" (Jésus seul nous transmet la justice et la paix de Dieu).

Il suggère que Melchisédek ne semble pas appartenir à l'histoire de ce monde et donc qu'il ne peut mourir (Jésus, ressuscité des morts, ne meurt plus et n'a donc pas besoin d'un autre Grand Prêtre pour lui succéder).

Enfin, Melchisédek est celui à qui Abraham (portant en lui sa descendance à venir des prêtres Lévitiques) a rendu hommage en lui payant la dîme (Jésus n'est-il pas le seul vers qui convergent tous les gestes et toutes les paroles signifivcatives de l'Ancien Testament, celui en qui tout s'accomplit ?).

3. Decouvertes

Ce passage n'est qu'un court extrait (comportant lui-même des coupures) de l'ensemble 7, 1 - 28, qui nous offre une ouverture sur le sacerdoce de Jésus à partir de la figure de Melchisédek, dans le cadre d'une réflexion sur des textes de la Bible le concernant.

Il s'appuie sur les deux passages de l'Ancien Testament qui parlent de Melchisédek, à savoir un verset du psaume 110 ainsi que l'épisode, au livre de la Génèse, de la rencontre d'Abraham et de Melchisédek (Genèse, 14, 17 - 20).

Les étymologies du Nom de Mekchisédek que propose notre texte sont techniquement incorrectes, bien que courantes chez les interprètes Juifs de la Bible au 1er siècle.

De nombreux textes non-bibliques de l'époque précédant immédiatement l'arrivée de Jésus dans l'histoire contiennent beaucoup de spéculations ou de théories sur le personnage de Melchisédek. Certains l'identifient à un ange chargé de rendre la justice, ou même à l'Archange Michel.

Notre passage suggère très nettement une opposition entre un sacerdoce selon une filiation humaine (le sacerdoce Juif Lévitique) et un sacerdoce établi dans le cadre d'une vie impérissable et donc sans filiation ni succession (celui de Jésus ressuscité des morts, au terme de l'accomplissement du salut de Dieu).

4. Prolongement

C'est ce sacerdocede Jésus qu iest d'abord transmis à tous ceux qui ont été baptisés en sa mort - résurrection et le don de l'Esprit Saint. Il s'inscrit dans le don de filiation divine qui nous est fait en nous faisant participer à l'héritage du Christ en qualité de fils adoptifs.

Et ce sacerdoce de tous les chrétiens, croyants et disciples de Jésus, au service duquel sont les "ministres ordonnés" (non pas de type sacerdotal en ce sens, mais de serviteurs "en tant qu'anciens de la communauté") est donc reçu de Dieu et nous fait avoir part à la double appartenance de Jésus-Grand Prêtre.

Comme lui, nous sommes ainsi totalement du côté de Dieu par notre attachement à Jésus Christ présent en nous dans l'Esprit Saint, et totalement du côté de nos frères et soeurs les hommes et les femmes de notre temps, dont nous sommes solidaires. et ainsi, à la façon de Jésus, Juif laïc de son temps, nous rendons à Dieu le culte en esprit et en vérité de notre "OUI" engagé pour lui d'abord en toutes situations :

1 Pierre

2.9 Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière,

2.10 vous qui autrefois n'étiez pas un peuple, et qui maintenant êtes le peuple de Dieu, vous qui n'aviez pas obtenu miséricorde, et qui maintenant avez obtenu miséricorde.

Prière

*Seigneur Jésus, réapprends moi sans cesse davantage à te suivre en vivant de toi et en cherchant à toujours mieux t'imiter en toutes mes attitudes. AMEN.

19.01.2005.*

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