Jour 359 ☼ — La Nouvelle Alliance ouverte dans le ciel
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Résumé : Le frère Paul-Adrien nous conduit au cœur de la lettre aux Hébreux : la fin du chapitre 7 déclare impuissant le culte du Temple, le chapitre 8 annonce une alliance nouvelle inscrite dans les cœurs, et le chapitre 9 compare les deux cultes — le sang des boucs qui purifie la chair, et le sang du Christ qui purifie la conscience, offert une fois pour toutes. Le commentaire insiste sur la délocalisation du culte : le sanctuaire véritable est le ciel, et nos liturgies terrestres en sont désormais le reflet assumé. D'où la lecture des églises comme reproduction du Temple, des voûtes étoilées, de l'aube et de la chasuble du prêtre : à la messe, nous participons au sacrifice unique que le Christ continue d'offrir dans le ciel. L'épisode se clôt sur les quatre démarches superbes du livre des Proverbes.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Alors, la lettre aux Hébreux, ça vous plaît ? Ça se mérite, hein ? Ouais, il y a un style, hein. Il y a un style. On ne peut pas être insensible à la beauté littéraire. Et d'ailleurs, ça tombe bien, parce que là, on arrive au cœur de la lettre.
On a dit que le Christ était le grand prêtre parfait. Oui, mais de quel système sacrificiel ? En fait, il est tellement parfait, Jésus, qu'il va inventer un nouveau culte, une nouvelle liturgie. Ça va être une nouvelle alliance. Vous pouvez oublier le Temple. C'est ça, ce que ça veut dire.
Donc, on va commencer, fin du chapitre 7, par dire que c'est la fin de l'ancien système. Le culte du Temple, le culte d'Aaron, va être déclaré impuissant. Ça, c'étaient tous les sacrifices que les Juifs offraient dans le Temple de Salomon. Du coup, chapitre 8, il y a une nouvelle alliance, il y a un nouveau culte, il y a un nouveau roi, il y a une nouvelle liturgie qui vont être inaugurés par ce grand prêtre parfait. Et cette fois-ci, ce sera dans le ciel. Et chapitre 9, on comparera les deux cultes, et puis il n'y aura pas photo, quoi. Les anciens cultes, c'était juste du sang d'animaux qui purifiait extérieurement, alors que là, le sang de Jésus purifie intérieurement. Et Jésus, il n'a pas eu besoin de faire plein de sacrifices : il en a fait un seul, et il était tellement parfait que ça a suffi. Il n'y a pas besoin d'en faire d'autres.
C'est bon pour tout le monde ? Allez, on y va.
Lecture : Hébreux 7, 18-28
On a là, d'une part, l'abrogation du commandement précédent, à cause de sa faiblesse et de son inutilité, puisque la loi n'a rien mené à la perfection, et d'autre part, l'introduction d'une espérance meilleure qui nous fait approcher de Dieu.
Et cela ne s'est pas fait sans qu'il y ait eu prestation de serment. En effet, tandis que les autres devenaient prêtres sans aucun serment, celui-là a fait l'objet d'un serment de la part de celui qui lui a dit : « Le Seigneur l'a juré dans un serment irrévocable : toi, tu es prêtre pour l'éternité. » C'est pour cette raison que Jésus est devenu le garant d'une alliance meilleure.
Jusque-là, un grand nombre de prêtres se sont succédé, parce que la mort les empêchait de rester en fonction. Jésus, lui, parce qu'il demeure pour l'éternité, possède un sacerdoce qui ne passe pas. Et c'est pourquoi il est capable de sauver d'une manière définitive ceux qui, par lui, s'avancent vers Dieu, car il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur.
C'est bien le grand prêtre qu'il nous fallait : saint, innocent, immaculé. Séparé maintenant des pécheurs, il est désormais plus haut que les cieux. Et il n'a pas besoin, comme les autres grands prêtres, lui, d'offrir chaque jour des sacrifices, d'abord pour ses péchés personnels, puis pour ceux du peuple. Cela, il l'a fait une fois pour toutes, en s'offrant lui-même.
La loi de Moïse établit comme grands prêtres des hommes remplis de faiblesse, mais la parole du serment divin, qui vient après la loi, établit comme grand prêtre le Fils, conduit pour l'éternité à sa perfection.
Lecture : Hébreux 8
Et voici l'essentiel de ce que nous voulons dire. C'est bien ce grand prêtre-là que nous avons, lui qui s'est assis à la droite de la majesté divine dans les cieux, après avoir accompli le service du véritable sanctuaire et de la véritable tente, celle qui a été dressée par le Seigneur et non par un homme.
Tout grand prêtre est établi pour offrir des dons et des sacrifices. Il était donc nécessaire que notre grand prêtre ait, lui aussi, quelque chose à offrir. À vrai dire, s'il était sur la terre, il ne serait même pas prêtre, puisqu'il y a déjà les prêtres qui offrent les dons conformément à la loi. Ceux-ci rendent leur culte dans un sanctuaire qui est une image et une ébauche des réalités célestes, comme en témoigne l'oracle reçu par Moïse au moment où il allait construire la tente : « Regarde, dit le Seigneur, tu exécuteras tout selon le modèle qui t'a été montré sur la montagne. »
Quant au grand prêtre que nous avons, le service qui lui revient se distingue d'autant plus que lui est médiateur d'une alliance meilleure, reposant sur de meilleures promesses. C'est-à-dire : si la première alliance avait été irréprochable, il n'y aurait pas eu lieu d'en chercher une deuxième.
Or, c'est bien un reproche que Dieu fait à son peuple quand il dit : « Voici venir des jours, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison d'Israël et avec la maison de Juda une alliance nouvelle. Ce ne sera pas comme l'alliance que j'ai faite avec leurs pères, le jour où je les ai pris par la main pour les faire sortir du pays d'Égypte. Eux ne sont pas restés dans mon alliance, alors que moi, je les ai délaissés, dit le Seigneur. Mais voici quelle sera l'alliance que j'établirai avec la maison d'Israël quand ces jours-là seront passés, dit le Seigneur : je leur donnerai mes lois, je les inscrirai dans leurs pensées et sur leur cœur. Je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. Ils n'auront plus à instruire chacun son concitoyen ni chacun son frère en disant : "Apprends à connaître le Seigneur", car tous me connaîtront, des plus petits jusqu'aux plus grands, et je serai indulgent pour leurs fautes, je ne me rappellerai plus leurs péchés. »
En parlant d'alliance nouvelle, Dieu a rendu ancienne la première. Or, ce qui devient ancien et qui vieillit est près de disparaître.
Lecture : Hébreux 9
La première alliance avait donc ses préceptes pour le culte, ainsi que son lieu saint dans ce monde. Une tente y était disposée, la première, où se trouvait le chandelier à sept branches et la table avec les pains de l'offrande : c'est ce qu'on nomme le Saint. Derrière le second rideau, il y avait la tente appelée le Saint des Saints, contenant un brûle-parfum en or et l'arche d'alliance entièrement recouverte d'or, dans laquelle se trouvait un vase d'or contenant la manne, le bâton d'Aaron qui avait fleuri, et les tables de l'alliance. Au-dessus de l'arche, les Kéroubim de gloire couvraient de leur ombre la plaque d'or appelée propitiatoire. Mais il n'y a pas lieu maintenant d'entrer dans les détails.
Les choses étant ainsi disposées, les prêtres entrent continuellement dans la première tente quand ils célèbrent le culte. Mais dans la deuxième tente, une fois par an, le grand prêtre entre seul, et il ne le fait pas sans offrir du sang pour lui-même et pour les fautes que le peuple a commises par ignorance. L'Esprit Saint montre ainsi que le chemin du sanctuaire n'a pas encore été manifesté, tant que la première tente reste debout.
C'est là une préfiguration pour le temps présent. Les dons et les sacrifices qui sont offerts ne sont pas capables de mener à la perfection dans sa conscience celui qui célèbre le culte. Ces préceptes, liés à des observances pour les aliments, boissons et ablutions diverses, concernent seulement la chair et ne sont valables que jusqu'au temps du relèvement.
Le Christ est venu, grand prêtre des biens à venir. Par la tente plus grande et plus parfaite, celle qui n'est pas œuvre de mains humaines et n'appartient pas à cette création, il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, en répandant non pas le sang de boucs et de jeunes taureaux, mais son propre sang. C'est de cette manière qu'il a obtenu une libération définitive.
S'il est vrai qu'une simple aspersion avec le sang de boucs et de taureaux et de la cendre de génisse sanctifie ceux qui sont souillés, leur rendant la pureté de la chair, le sang du Christ fait bien davantage, car le Christ, poussé par l'Esprit éternel, s'est offert lui-même à Dieu comme une victime sans défaut. Son sang purifiera donc notre conscience des actes qui mènent à la mort, pour que nous puissions rendre un culte au Dieu vivant.
Voilà pourquoi il est le médiateur d'une alliance nouvelle, d'un testament nouveau. Puisque sa mort a permis le rachat des transgressions commises sous le premier testament, ceux qui sont appelés peuvent recevoir l'héritage éternel jadis promis. Or, quand il y a testament, il est nécessaire que soit constatée la mort de son auteur, car un testament ne vaut qu'après la mort : il est sans effet tant que son auteur reste en vie.
C'est pourquoi le premier testament lui-même n'a pas été inauguré sans que soit utilisé du sang. Lorsque Moïse eut proclamé chaque commandement à tout le peuple, conformément à la loi, il prit le sang des veaux et des boucs, avec de l'eau, de la laine écarlate et de l'hysope, et il en aspergea le livre lui-même et tout le peuple, en disant : « Ceci est le sang de l'alliance que Dieu a prescrite pour vous. » Puis il aspergea de même, avec le sang, la tente et tous les objets du service liturgique. D'après la loi, on purifie presque tout avec du sang, et s'il n'y a pas de sang versé, il n'y a pas de pardon.
S'il est nécessaire que soient purifiées par ces rites les images de ce qui est dans les cieux, les réalités célestes elles-mêmes doivent l'être par des sacrifices bien meilleurs que ceux d'ici-bas. Car le Christ n'est pas entré dans un sanctuaire fait de main d'homme, figure du sanctuaire véritable : il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu.
Et il n'a pas à s'offrir lui-même plusieurs fois, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n'était pas le sien, car alors le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la passion depuis la fondation du monde. Mais en fait, c'est une fois pour toutes, à la fin des temps, qu'il s'est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice. Et comme le sort des hommes est de mourir une seule fois et puis d'être jugé, ainsi le Christ s'est-il offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude. Il apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l'attendent.
Commentaire
Il était question ici de deux alliances. Je me faisais cette réflexion : nous, on parle plutôt du mot de « relation ». Jésus est mort pour toi, pour que tu aies une relation avec lui. En fait, ce mot de relation, c'est le mot d'alliance. Je rappelle aussi que « alliance », en grec diathèkè, traduit en latin, ça donnait le mot de testamentum, testament. Nous sommes appelés à entrer dans une nouvelle relation, dans une nouvelle alliance avec Dieu.
Je reviens deux secondes sur le fait que maintenant, ce culte a été délocalisé, qu'il se trouve dans le ciel, quand le Christ est entré dans ce sanctuaire qui n'était pas fait de main d'homme. C'est quoi ? C'est le ciel, évidemment. Parce que ça implique une chose, c'est-à-dire que maintenant, nos liturgies sur terre sont devenues des ombres, des reflets de cette liturgie qui maintenant se passe dans le ciel. Ça veut dire que notre liturgie sur terre est le reflet de ce qui se passe dans le ciel.
Ça, ça va plus loin que ce que vous pouvez imaginer. Il n'est pas simplement question des Juifs et du Temple ici, il est aussi question de nous, de notre culte, de nos messes. Quand vous allez à la messe, la messe reflète la manière dont le Christ continue de prier et de s'offrir pour vous dans le ciel. La seule différence, mais elle est de taille, entre la liturgie du Temple et la liturgie de la messe, c'est que la liturgie du Temple reflète celle du ciel, mais, entre guillemets, comme sans le savoir, alors qu'à la messe, c'est en le sachant. Nous assumons être le reflet de la prière du Christ sur terre.
Par exemple, dans le Temple de Jérusalem, vous aviez le Saint des Saints. Ça, ça symbolisait la mort. Il fallait traverser un voile. Le Christ, lui, il a traversé le voile. En ressuscitant, il a fendu le voile et il est rentré en présence de Dieu, le Saint des Saints.
De la même manière, nos églises, qui sont des petites reproductions du Temple de Jérusalem : vous avez le parvis des gentils à l'extérieur, qui correspond au narthex dans l'église ; le parvis des Juifs, qui correspond à la nef ; et après, séparé du peuple des fidèles par, anciennement, une iconostase, le Saint, qui correspond au chœur, le Saint des Saints, qui correspond au maître-autel dans le chœur. Et ça, pour nous chrétiens, ce Saint et ce Saint des Saints, ce chœur et ce maître-autel, en fait, ils sont dans le ciel.
C'est pour ça que dans les églises, souvent, sur les voûtes, vous avez des étoiles qui sont peintes. Parce que c'est le Christ au ciel qui continue de s'offrir en sacrifice pour nous. Et c'est pour ça que le prêtre met des chasubles, pour symboliser la charité du Christ ; pour ça qu'il met une aube, qui symbolise le corps ressuscité de Jésus ; et qu'il continue d'offrir la messe, parce que dans le ciel, le Christ continue de s'offrir de cet unique sacrifice. Il continue de nous aimer jusqu'à la mort, si tant est qu'il pouvait encore mourir, mais c'est avec la même intensité qu'il continue de prier pour nous. Et c'est à ça que vous fait participer la messe.
Proverbes 30, 29-31
Il y en a trois qui ont fière allure, quatre dont la démarche est superbe : le lion, le plus vaillant des animaux, qui ne recule devant rien, le coq sur ses ergots, et le bouc, enfin le roi à la tête de son armée.