1 Pour moi, frères, je n'ai pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des êtres de chair, comme à de petits enfants dans le Christ.
2 C'est du lait que je vous ai donné à boire, non une nourriture solide ; vous ne pouviez encore la supporter. Mais vous ne le pouvez pas davantage maintenant,
3 car vous êtes encore charnels. Du moment qu'il y a parmi vous jalousie et dispute, n'êtes-vous pas charnels et votre conduite n'est-elle pas tout humaine ?
4 Lorsque vous dites, l'un : " Moi, je suis à Paul ", et l'autre : " Moi, à Apollos ", n'est-ce pas là bien humain ?
5 Qu'est-ce donc qu'Apollos ? Et qu'est-ce que Paul ? Des serviteurs par qui vous avez embrassé la foi, et chacun d'eux selon ce que le Seigneur lui a donné.
6 Moi, j'ai planté, Apollos a arrosé ; mais c'est Dieu qui donnait la croissance.
7 Ainsi donc, ni celui qui plante n'est quelque chose, ni celui qui arrose, mais celui qui donne la croissance : Dieu.
8 Celui qui plante et celui qui arrose ne font qu'un, mais chacun recevra son propre salaire selon son propre labeur.
9 Car nous sommes les coopérateurs de Dieu ; vous êtes le champ de Dieu.
DE LA 1ère LETTRE AUX CORINTHIENS
Commentaire
1. Situation
La 1ère Lettre de Paul aux Corinthiens a été écrite très probablement au printemps de l'année 54, en réponse à une lettre que les Corinthiens lui avaient adressée, concernant un certain nombre de problèmes à propos desquels ils sollicitaient son avis. D'autre part, Paul avait été informé de quelques fonctionnements de cette communauté, qui paraissaient problématiques à des visiteurs de passage à Corinthe.
D'où le plan extrêmement circonstantiel de cette lettre, qui traite successivement :
- de divisions dans la communauté de Corinthe (1, 10 -4, 21),
- de l'attitude des chrétiens face aux valeurs du corps humain (5, 1 - 6, 20),
- de réponses précises à des questions posées (7, 1 - 14, 40) : sur le statut social et le mariage, sur les relations avec la culture païenne, et particulièrement, à propos des viandes offertes aux idoles, sur les assemblées liturgiques (Eucharistie, dons de l'Esprit, partage des charismes dans l'Eglise-Corps du Christ),
- de la résurrection (15, 1 - 58),
sans oublier l'encadrement de toutes ces sections, entre une introduction (1, 1 - 9) et une longue conclusion, dans laquelle, entre autres choses, Paul parle de la collecte qu'il organise pour les pauvres de l'Eglise de Jérusalem et de ses projets de voyage (16, 1 - 24).
Notre page se situe au début de cette lettre, Paul y traite des partis et des factions dans l'Eglise de Corinthe.
2. Message
Paul rappelle aux Corinthiens qu'ils se comportent encore comme les débutants dans la foi, qu'ils étaient à l'origine de leur conversion suite à sa prédication initiale. Ils restent, à ses yeux, marqués par une grande fragilité : par comparaison avec une croissance humaine normale, ils en sont toujours au stade de l'enfance.
La preuve en est qu'ils se situent en Eglise en se référant à des personnalités et se constituent donc en factions, selon une attitude toute humaine, et donc non spirituelle.
Paul lui-même, et Apollos, derrière lesquels ils prétendent s'aligner ainsi, ne sont que des ministres de Dieu, envoyés au service de leurs frères, chacun d'eux avec les dons reçus du Seigneur, chacun d'eux avec sa mission, soit de planter, soit d'arroser.
Ils collaborent ainsi à l'oeuvre de Dieu, qui seul est le "maître" du champ, qui seul donne la croissance, et à qui seul ils auront à rendre des comptes.
3. Decouvertes
Loin d'être des chrétiens "d'élite", comme ils le pensent, les Corinthiens sont, en fait, demeurés des commençants, qui, de plus, n'ont guère progressé.
Tout ce que Paul vient d'écrire dans cettte Lettre, sur la compréhension du mystère de Dieu et de la pensée du Christ, et de l'action de l'Esprit du Seigneur, ne s'applique donc pas eux, dans leur situation actuelle, puisqu'ils sont jaloux, querelleurs, et revendiquent une sagesse humaine, qui est est à l'envers du message de la croix.
Paul leur reproche de placer les apôtres sur un piédestal qui ne leur convient pas, de chercher à les opposer les uns aux autres, et de juger la qualité de leur ministère, alors qu'il ne sont au service que de l'oeuvre de Dieu.
Paul va développer cet argument jusqu'en 4, 5, avec successivement des images tirées de l'agriculture (ici, en 3, 5 - 9), puis de la construction (3, 9 - 17), et enfin de l'état de serviteur (4, 1 - 5).
4. Prolongement
Paul ne fait que redire à sa manière le message de Jésus : être disciple, c'est se renoncer, tout quitter pour le suivre, comme un pauvre :
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi.
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi.
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera.
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé.
Prière
*Seigneur Jésus, devenir ton disciple, te suivre partout et toujours, voilà ce que tu nous demandes, et qui ne peut se réaliser en vérité que si nous nous quittons nous-mêmes, que si nous renonçons à bâtir notre projet de vie sur une synthese ou une sagesse elaboree par nous, que si nous nous rendons disponibles le plus possible à ce que nous discernons chaque jour de ton appel, et à la volonté du Père, que tu nous transmets ainsi : donne-moi la docilité à ton Esprit, afin qu'il me conduise à ta suite, et m'aide à témoigner que toi seul es le guide de ma vie en toutes mes expressions de recherche de la vérité, et d'entraide fraternelle. AMEN.
04.09.2002.*