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Livre de · 51 chapitres

Siracide (Ben Sira)

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Si 15,15-20
AELF · Bible liturgique

Texte biblique non disponible pour ce passage — sera ajouté quand un passage de ce chapitre sera commenté dans la liturgie.

Si 15,15-20
Commentaire

Le Siracide (ou Ecclésiastique) appartient aux livres deutérocanoniques, rédigé en hébreu vers 180 av. J.-C. par Ben Sira, un sage de Jérusalem, puis traduit en grec par son petit-fils vers 132 av. J.-C. Ce passage s'inscrit dans une réflexion sur l'origine du mal : si Dieu est bon, d'où vient le péché ? Ben Sira répond en affirmant la liberté humaine contre toute forme de déterminisme. Le terme hébreu ḥēpheṣ (« désir, volonté ») structure le texte : « Si tu le veux » ('im-taḥpōṣ). Cette insistance sur le vouloir humain distingue la sagesse israélite des courants fatalistes hellénistiques alors en vogue, notamment le stoïcisme naissant.

L'imagerie binaire — eau/feu, vie/mort — reprend le schéma deutéronomique des deux voies (Dt 30, 15-20 : « Je mets devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction »). Ben Sira actualise cette théologie de l'alliance pour son époque : l'homme n'est pas le jouet des astres ou du destin, mais un être responsable devant Dieu. Le verbe « étendre la main » (šālaḥ yād) évoque un geste délibéré, presque liturgique. Augustin d'Hippone, dans son De gratia et libero arbitrio, cite abondamment ce passage pour défendre simultanément la grâce divine et le libre arbitre humain contre le pélagianisme : la liberté est elle-même un don de Dieu.

Le texte anticipe une objection : si Dieu voit tout, ne détermine-t-il pas nos actes ? Ben Sira distingue soigneusement omniscience et causalité. « Ses regards sont tournés vers ceux qui le craignent » : Dieu connaît, mais ne contraint pas. La « crainte » (yir'ah) n'est pas la peur servile, mais l'attitude fondamentale du sage devant le mystère divin — ce que les médiévaux appelleront timor filialis. La conclusion est tranchante : Dieu « n'a commandé à personne d'être impie ». Aucune prédestination au mal, aucune excuse métaphysique. Cette anthropologie optimiste, sans être naïve, fonde la possibilité même de l'éthique.

Siracide (Ben Sira) 15 | La Bible commentée | CapBiblique