11 La Sagesse élève ses enfants et prend soin de ceux qui la cherchent.
12 Celui qui l'aime aime la vie, ceux qui la cherchent dès le matin seront remplis de joie.
13 Celui qui la possède héritera la gloire; où il porte ses pas le Seigneur le bénit.
14 Ceux qui la servent rendent un culte au Saint et ceux qui l'aiment sont aimés du Seigneur.
15 Celui qui l'écoute juge les nations, celui qui s'y applique habite en sécurité.
16 S'il se confie en elle il l'aura en partage, et sa postérité en conservera la jouissance.
17 Car elle peut le conduire d'abord par un chemin sinueux, faisant venir sur lui crainte et tremblement, le tourmenter par sa discipline jusqu'à ce qu'elle puisse lui faire confiance, l'éprouver par ses exigences,
18 puis elle revient vers lui sur le droit chemin et le réjouit, et lui découvre ses secrets.
19 S'il s'égare, elle l'abandonne et le laisse aller à sa perte.
Siracide (Ben Sira)
DU LIVRE DE BEN SIRAC LE SAGE
Commentaire
1. Situation
Le Livre de Ben Sirac le Sage est unique dans la mesure où il nous indique le nom de son auteur. En effet, ce livre, écrit en hébreu, a été traduit en grec par le petit fils de son auteur, vers 115 avant JC, depuis l'Egypte, où il nous dit être arrivé vers 132. On peut dès lors dater le livre original, écrit pas son grand père, dans le 1er quart du 2ème siècle, soit entre 200 et 170 avant notre ère.
L'auteur de ce Livre de Sagesse se présente et se comporte comme un scribe et un enseignant (voir 39, 1 - 11 et 51, 13 - 30). Ce Livre peut donc être considéré comme un bel exemple du genre d'instruction qui était offert aux jeunes de Jérusalem, dans la période qui a précédé la révolte des frères Maccabées (vers 170).
Ce traité de Sagesse se situe pour une grande part dans la tradition du Livre des Proverbes, en nous présentant des conclusions pour agir, en fonction de ce que le Sage a pu observer dans l'existence des hommes (voir, par exemple, 3, 1 - 16). On y trouve des comparaisons, des béatitudes, mais également des hymnes de louange à Dieu et des prières.
Le thème directeur de tout le Livre de Sirac est la recherche de la Sagesse, identifée comme "crainte du Seigneur" (19, 20). Dieu y est révéré comme le Tout-Puissant. Ben Sirac traite souvent, et d'autant plus, de la "justice" de Dieu, qu'il rejette toute perspective de récompense ou de châtiment après la mort. Il s'intéresse beaucoup aux différents aspects de la vie sociale et familale, ainsi qu'à l'histoire d'Israël.
Il raconte et relit cependant cette histoire, en faisant l'éloge des grands hommes qui en ont jalonné le déroulement, dans la dernière partie de son Livre, soit des chapitres 44 à 50.
Dans la mesure où l'on distingue, dans ce Livre, une forme originelle et une forme plus tardive, nous y trouvons d'abord un ensemble de 4 sections (1, 1 - 4, 10; 4, 11 - 6, 17; 6, 18 - 14, 19; 14, 20 - 23, 27 et 51, 1 - 30), auquel 3 sections supplémentaires auraient ensuite été rajoutées 24, 1 - 32, 13; 32, 14 - 38, 23; 38, 24 - 50, 29). On y constate de même que toutes ces sections commencent par un Prologue qui, le plus souvent, traite de l'identité de la Sagesse.
Notre passage constitue le Prologue de la 2ème des sections mentionnées ci-dessus.
2. Message
La sagesse, c'est-à-dire l'expérience de la vie vécue sous le regard de Dieu, acquise directement, ou transmise par les autres, qu'ils soient contemporains ou qu'ils nous aient précédés, est un guide sûr pour conduire notre vie.
La chercher du fond du coeur, c'est le chemin de la vraie vie, du bonheur, et de la gloire reçue en héritage.
La trouver nous vaut la bénédiction du Seigneur qui la considère comme un culte que nous lui rendons, et qui aime, de ce fait, ceux qui la suivent.
Faire le choix de vivre à sa lumière et en harmonie avec elle, c'est accepter de se laisser éduquer et éprouver par elle, avant qu'elle nous révèle ses secrets, et se communique à nous comme une valeur héritée que nous pourrons ensute transmettre à notre tour.
En revanche, s'en éloigner, c'est courir à sa propre perte.
3. Decouvertes
Ce Prologue de la 2ème section du Livre de Ben Sirah peut se lire comme nous présentant successivement les valeurs reçues ou les récompenses (4, 11 - 16), et les épreuves liées à l'acqusition de la Sagesse (4, 17 - 19).
Quand il y est question de la vie, il s'agit de la qualité de cette vie, et lorsqu'il y est précisé que celui qui écoute la sagesse jugera les nations, c'est pour affirmer la supérioriité de ceux qui suivent la sagesse sur la route de l'humanité.
A noter que la sagesse, ici, n'est pas simple connaissance, mais bien une discipline de vie qui implique la formation du caractère.
4. Prolongement
La sagesse, pour le chrétien, c'est de marcher derrière celui qui est personnellement la "Sagesse de Dieu", le Christ, mettre en pratique son enseignement, l'imiter dans sa démarche essentielle, qui est de ne chercher qu'à vivre selon la volonté du Père, traiter tous les hommes et femmes avec miséricorde et une prise en charge qui va jusqu'au don de sa propre vie, et, de cette façon, tout quitter pour le suivre :
22 Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse,
23 nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
24 mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c'est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
30 Je ne puis rien faire de moi-même. Je juge selon ce que j'entends : et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.
24 " Ainsi, quiconque écoute ces paroles que je viens de dire et les met en pratique, peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc.
25 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n'a pas croulé : c'est qu'elle avait été fondée sur le roc.
26 Et quiconque entend ces paroles que je viens de dire et ne les met pas en pratique, peut se comparer à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable.
27 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont rués sur cette maison, et elle s'est écroulée. Et grande a été sa ruine ! "
8 Bien plus, désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. A cause de lui j'ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ,
9 et d'être trouvé en lui, n'ayant plus ma justice à moi, celle qui vient de la Loi, mais la justice par la foi au Christ, celle qui vient de Dieu et s'appuie sur la foi ;
10 le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort,
11 afin de parvenir si possible à ressusciter d'entre les morts.
12 Non que je sois déjà au but, ni déjà devenu parfait ; mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, ayant été saisi moi-même par le Christ Jésus.
13 Non, frères, je ne me flatte point d'avoir déjà saisi ; je dis seulement ceci : oubliant le chemin parcouru, je vais droit de l'avant, tendu de tout mon être,
14 et je cours vers le but, en vue du prix que Dieu nous appelle à recevoir là-haut, dans le Christ Jésus.
Prière
*Seigneur Jésus, toi seul es la Sagesse de Dieu parue visiblement sur notre terre, toi seul nous offres en permanence les clés de ton "OUI" au Père dans ton obéissance, et de ton "OUI" à tes frères et soeurs en humanité, en ta miséricorde qui promeut la vérité tout en la dépassant dans l'accueil toujours ouvert jusqu'au pardon : remplis-moi de cette sagesse que tu as vécue dans le don de toi-même jusqu'en ta mort sur la croix, enfouis-la en mon existence comme une recherche constante de la volonté de Dieu ton Père et notre Père, mets en moi une plus grande capacité de rencontrer, et de prendre en charge, mes frères et soeurs, comme tu as su si bien le faire dans tout ton ministère au milieu de nous. Amen.
26.02.2003.*