La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean.
(Le texte complet de la Passion selon saint Jean est proclamé lors de la célébration liturgique du Vendredi saint)
L'évangile johannique se distingue par son style méditatif, ses grands « Je suis » et son rythme de signes. Lis-le verset à verset, avec les commentaires en regard.
La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean.
(Le texte complet de la Passion selon saint Jean est proclamé lors de la célébration liturgique du Vendredi saint)
Chaque année, le Vendredi saint, à l'église, nous lisons le récit de la Passion dans l'Évangile selon saint Jean. Les quatre récits de la Passion sont très semblables dans les grandes lignes ; mais si on regarde d'un peu plus près, on s'aperçoit que chacun des évangélistes a ses accents propres.
La comparution de Jésus devant Pilate occupe une place très importante dans l'Évangile selon saint Jean : vingt-neuf versets. Cela se passe au palais d'Hérode, près de l'actuelle porte de Jaffa. On peut distinguer sept petites scènes successives. Pilate dialogue tantôt avec les Juifs au-dehors et tantôt avec Jésus à l'intérieur du prétoire. Entre Pilate et Jésus, c'est un vrai dialogue de sourds, ils ne sont pas sur la même longueur d'ondes et on a l'impression que, finalement, celui qui est en position d'autorité, c'est Jésus.
Jean note à plusieurs reprises que Jésus est le véritable maître des événements : dès son arrestation, il savait ce qui allait lui arriver, et, non seulement, il ne cherche pas à se dérober, il accepte librement.
S'il n'y avait qu'une chose à retenir du récit de Jean, c'est qu'à ses yeux, la Passion du Christ n'est pas une défaite, c'est une victoire. C'est le paradoxe de nos crucifix : pour un incroyant, le crucifix est une horreur, un instrument de supplice. Pour saint Jean, au contraire, c'est le triomphe de l'amour sur toute la haine du monde. Dans cette optique, la croix est considérée comme le lieu de la plus haute révélation du Dieu d'amour. C'est pour cette raison que les croix des premiers siècles étaient décorées, ornées de pierres précieuses.
La scène entière chez Pilate se concentre sur le titre de Jésus : se prétend-il roi oui ou non ? Jésus nous en propose une définition nouvelle : « Ma royauté n'est pas de ce monde… » Sa seule puissance, ce n'est pas la pression religieuse ou politique, c'est la seule puissance de l'amour.
« Tout est accompli » : cela pourrait vouloir dire tout simplement « Tout est fini ». Mais saint Jean a choisi un mot qui ne veut pas dire « terminé », mais tout est « réalisé », au sens de « mission accomplie ». C'est l'Heure de l'accomplissement du projet de Dieu. À Pilate, Jésus avait dit : « Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité » (Jn 18,37). L'Heure de la Croix est celle du parachèvement de ce témoignage : sur la Croix, les hommes verront jusqu'où Dieu aime l'humanité, jusqu'à laisser les hommes accomplir leur folie de haine et jusqu'à leur pardonner même cela. Reprenant la phrase du prophète Zacharie, Jean nous dit « Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils ont transpercé. » Alors leur cœur de pierre deviendra cœur de chair. Cela aussi, Jésus l'avait dit : « Quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes » (Jn 12,32).