4 Je suppliai Yahvé mon Dieu, faisant confession "Ah! mon Seigneur, Dieu grand et redoutable, qui gardes l'Alliance et la grâce pour ceux qui t'aiment et observent tes commandements.
5 Nous avons péché, nous avons commis l'iniquité, nous avons fait le mal, nous avons trahi et nous nous sommes détournés de tes commandements et décisions.
6 Nous n'avons pas écouté tes serviteurs, les prophètes qui parlaient en ton nom à nos rois, à nos princes, à nos pères, à tout le peuple du pays.
7 A toi, Seigneur, la justice, à nous la honte au visage, comme en ce jour, à nous, gens de Juda, habitants de Jérusalem, tout Israël, proches et lointains, dans tous les pays où tu nous as chassés à cause des infidélités commises à ton égard.
8 Yahvé, à nous la honte au visage, à nos rois, à nos princes, à nos pères, parce que nous avons péché contre toi.
9 Au Seigneur notre Dieu, les miséricordes et les pardons, car nous l'avons trahi,
10 et nous n'avons pas écouté la voix de Yahvé notre Dieu pour marcher selon les lois qu'il nous avait données par ses serviteurs les prophètes.
DU LIVRE DE DANIEL
Commentaire
1. Situation
Le livre de Daniel porte le nom, non pas de son auteur, mais du principal personnage d'un récit censé se dérouler à l'époque de Nabuchodonosor, roi Chaldéen du temps de l'exil d'Israël à Babylone, et de ses successeurs au pouvoir dans ces régions.
L'on s'accorde aujourd'hui à considérer que ce livre a été écrit quelques années avant la mort du roi Séleucide Antiochus Epiphane, soit quelques années avant 164. Ce roi avait cherché à faire disparaître pratiquement la religion Juive pour la remplacer par les pratiques religieuses paiennes des Grecs. En effet, les annonces présentées comme prophétiques de la profanation du Temple de Jérusalem et de la persécution des croyants Juifs, en deux passages du Livre de Daniel (9, 27 et 11, 30 - 35), sont si précises qu'elles ne peuvent que se référer aux démarches du roi Antiochus Epiphane qui ont eu pour conséquence la résistance armée de Judas Maccabée et de ses frères.
Ce livre a été écrit pour encourager les Juifs à demeurer fidèles à leur religion ancestrale des Promesses de Dieu et de son Alliance avec le peuple de la descendance d'Abraham, à une époque où la culture grecque ambiante, très liée à la religion païenne des grecs, devenait partout très attirante. C'est pourquoi l'auteur s'attache à montrer que le Dieu d'Israël, en sa Parole et son action, est bien supérieur à toutes les expressions du paganisme, et suffisamment puissant pour sauver ses fidèles dans la persécution. Car Yahvé-Dieu est le maître de l'histoire.
Le Livre de Daniel se divise en deux grandes parties, dont on pense de plus en plus qu'elles ont été écrites par des auteurs différents : - les chapitres 1 à 6 nous offrent l'histoire édifiante de Daniel et de ses compagnons à la cour de Babylone, - les chapitres 7 à 12 contiennent 4 visions importantes, dans lesquelles Daniel, sous la forme d'images symboliques, présente la succession des différents empires ou royaumes auxquels le peuple de Dieu se trouve ou se trouvera soumis.
2. Message
Cet appel à Dieu dans la repentance est d'abord un aveu du péché, présenté comme rupture de l'Alliance que Dieu avait offerte à son peuple. Refus du salut promis, et sans cesse renouvelé dans l'action libératrice de Dieu à travers les âges.
Le péché est devenu aveuglement dans le refus de reconnaître, accepter et écouter les prophètes, envoyés par Dieu pour inviter le peuple à la fidélité. Aveuglement dans l'oubli que Dieu est celui qui marche avec son peuple tout au long de son histoire, dans la proximité.
L'aveu est ici total, dans la mesure où le peuple n'a plus à présenter que sa honte et sa supplication. Mais dans la bouche de Daniel priant au nom de la communauté d'Israël, cet aveu devient démarche de vérité et appel dans la foi à la miséricorde, la justice et la fidélité de Dieu : plus on se reconnaît pécheur en vérité, et plus l'on peut invoquer la miséricorde de Dieu.
3. Decouvertes
Dans ce Livre, quasi contemporain de la révolte de Judas Maccabée et de ses frères contre Antiochus, il est question du conflit entre la religion d'Israël et le paganisme des rois païens qui gouvernaient Israël. Mais ce conflit est une occasion de montrer la supériorité de la sagesse d'Israël sur la philosophie païenne et de confirmer la maitrise de Dieu sur l'histoire des hommes.
Ce passage se situe dans le chapitre sur l'interprétation des 70 semaines d'années, dans la seconde partie du Livre de Daniel, qui traite de ses visions Apocalyptiques, concernant la fin des temps.
Cette prière semble avoir été insérée dans un texte plus primitif où Daniel, se trouvant en prière alors qu'il jeûnait sous le sac et la cendre, voit surgir une 2ème vision de Gabriel.
C'est en fait une prière de la communauté qui reconnaît son péché et supplie le Seigneur de restaurer Israël.
4. Prolongement
Nous pouvons toujours ne pas accepter le salut qui nous vient par Jésus ressuscité, dans l'Esprit Saint. Jésus reprochait aux Pharisiens de ne pas vouloir venir à lui pour avoir la vie (Jean, 5, 39 - 47).
Bien que ce soit entièrement par grâce que nous sommes sauvés, selon le don de Dieu (Ephésiens, 2, 4 - 10), Jésus attend notre simple OUI dans la foi, qui, une fois offert de notre part, nous fait échapper au jugement, et passer dès maintenant de la mort à la vie (Jean, 5, 24).
Nous acceptons ainsi le pardon proposé dans l'Esprit de Jésus, et nous nous situons du bon côté avec Jésus, qui accueille tous ceux qui se remettent à lui avec un coeur de pauvre.
Prière
*Seigneur Jésus, tu nous as dit que tu étais venu pour que nous ayons la vie, la vie en abondance, et ton Apôtre Paul nous supplie en ton Nom de nous laisser réconcilier avec Dieu, en ne permettant pas que la grâce reçue de Dieu, par ton obéissance jusqu'à ta mort sur la croix, demeure sans effet, en ce moment favorable et ce jour du salut, dont ton Esprit Saint nous rend sans cesse contemporains : illumine mon être tout entier pour que je choisisse toujours de me tourner vers toi, de mieux te découvrir dans ta Parole, ainsi que dans le témoignage de mes frères et soeurs qui croient en toi, et de vivre en tous domaines selon ta volonté, comme tu n'as cherché que la volonté du Père. AMEN.
16.03.2003.*