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Les Exercices spirituels

≈ 15 min de lecture · 9 parties

Sommaire
  1. Un livret pour celui qui les donne
  2. D'où viennent les Exercices ?
  3. Comment le livret est construit
  4. Les formes aujourd'hui
  5. Celui qui donne les Exercices
  6. La famille ignatienne
  7. Idées reçues
  8. Et pour vous ?
  9. Pour approfondir

« Laisser agir immédiatement le Créateur avec la créature, et la créature avec son Créateur et Seigneur. » — Ignace de Loyola, Exercices spirituels, n° 15 (trad. P. Jennesseaux)


Les Exercices spirituels sont un petit livre d'Ignace de Loyola, mais on ne les lit pas comme un livre : on les fait, accompagné par quelqu'un qui les « donne ». Cette page présente ce que contient le livret, comment il est né, comment il est construit et sous quelles formes on le vit aujourd'hui. Ce qui se passe au-dedans, pour celui qui les fait, est l'objet d'une autre page : Vivre les Exercices.

Les citations viennent de la traduction du P. Pierre Jennesseaux sj (édition de 1913), libre de droits et en ligne. Les numéros (Ex 1, Ex 23…) sont communs à toutes les éditions.


Un livret pour celui qui les donne

Le texte d'Ignace n'est ni un traité ni un livre de méditations. C'est un manuel de travail (consignes, sujets de prière, règles) qui s'adresse d'abord à celui qui donne les Exercices : il y puise ce qui convient à la personne qu'il accompagne. Qui l'ouvre sans préparation est souvent dérouté par ses listes et ses « points ».

Ignace explique lui-même le titre dans la première annotation (Ex 1). Par « exercices spirituels », il entend toute manière d'examiner sa conscience, de méditer, de contempler, de prier vocalement ou mentalement. Et il donne une comparaison : « comme se promener, marcher, courir, sont des exercices corporels », de même on appelle exercices spirituels les manières de préparer l'âme à « se défaire de toutes ses affections déréglées », puis à « chercher et à trouver la volonté de Dieu » dans l'organisation de sa vie.

Les affections désordonnées (l'expression est celle d'Ex 21) sont des attachements qui ne sont pas mauvais en eux-mêmes, mais qui décident à notre place : l'argent, la réputation, une sécurité, une image de soi. La volonté de Dieu n'est pas un plan caché à deviner, mais l'appel concret que la personne reconnaît, dans la prière, pour sa propre vie. Le titre donné au parcours résume le tout : se vaincre soi-même et régler sa vie sans se déterminer par aucune affection désordonnée (Ex 21).


D'où viennent les Exercices ?

De Loyola à Manrèse (1521-1523)

La vie d'Ignace est racontée sur la page Ignace de Loyola. Convalescent à Loyola (1521), il remarque que certaines pensées le laissent joyeux et d'autres sec et triste : c'est le germe du discernement des esprits. En 1522, il s'arrête à Manrèse, en Catalogne, et y reste près d'un an, entre épreuves et grâces. Il note ce qui l'aide : ces notes sont le premier état des Exercices.

Un laïc qui donne les Exercices (1523-1537)

Ignace ne sera ordonné prêtre qu'en 1537, à Venise. Étudiant à Alcalá, il aide déjà des personnes à prier et à examiner leur vie. En 1527, ce laïc qui n'a pas étudié la théologie est soupçonné, emprisonné et interrogé, à Alcalá puis à Salamanque. Les juges ne relèvent aucune erreur dans sa vie ni dans sa doctrine, mais lui imposent des restrictions : à Salamanque, par exemple, ne pas trancher entre péché mortel et péché véniel avant d'avoir étudié (d'après le Récit du pèlerin). La pratique des Exercices est donc née dans les mains d'un laïc.

Les premiers compagnons

À Paris (1528-1535), Ignace donne les Exercices à ses compagnons d'études, dont Pierre Favre et François Xavier. Favre les fait en 1534 ; selon le Mémorial de Luis Gonçalves da Câmara, un proche d'Ignace, celui-ci plaçait Favre au premier rang de ceux qui donnaient les Exercices. Envoyé en Allemagne, en Espagne, dans les Flandres, il les donne à des évêques, des étudiants, des laïcs ; c'est avec lui que le jeune Pierre Canisius les fait à Mayence en 1543. Favre a été inscrit au nombre des saints par le pape François en 2013.

Le texte et son approbation (1548)

Ignace retravaille son livret pendant plus de vingt ans. Plusieurs états du texte nous sont parvenus :

  • l'Autographe, texte espagnol copié par un secrétaire et corrigé de la main d'Ignace : c'est la base des traductions modernes ;
  • la Versio prima, une première traduction latine ;
  • la Vulgate, traduction latine plus élégante due au jésuite André des Freux (Frusius).

Le 31 juillet 1548, par le bref Pastoralis officii, le pape Paul III approuve et recommande les Exercices. La Vulgate est imprimée à Rome la même année, chez Antonio Blado : c'est la première édition, destinée à ceux qui donnent les Exercices.


Comment le livret est construit

Les vingt annotations (Ex 1-20)

Le livret s'ouvre sur vingt annotations, des remarques préliminaires pour celui qui donne et celui qui reçoit. Les principales :

  • Ex 2 : celui qui donne expose brièvement le sujet de prière et laisse la personne le découvrir elle-même, car « ce n'est pas l'abondance de la science qui rassasie l'âme et la satisfait : c'est le sentiment et le goût intérieur » des vérités méditées ;
  • Ex 4 : les quatre « semaines » ne comptent pas forcément sept jours ; on les abrège ou on les prolonge selon ce que vit la personne ; le tout dure ordinairement une trentaine de jours ;
  • Ex 5 : entrer dans les Exercices avec « un grand courage et une grande libéralité » envers Dieu, en lui offrant sa volonté et sa liberté ;
  • Ex 12 : chaque exercice dure une heure, et mieux vaut rester « plutôt plus que moins », car la tentation ordinaire est d'abréger ;
  • Ex 13 : en temps de désolation, prolonger un peu la prière au-delà de l'heure, pour agir contre elle ;
  • Ex 15 : celui qui donne ne pousse pas vers un choix de vie plutôt qu'un autre ; il laisse Dieu et la personne traiter directement ensemble (voir la citation en tête de page) ;
  • Ex 18 : adapter les Exercices à l'âge, à la santé, à la culture et au désir de chacun ; à certains, on ne donnera que des exercices simples de la première semaine ;
  • Ex 19 : pour quelqu'un de pris par ses occupations, une forme étalée, avec environ une heure et demie par jour ;
  • Ex 20 : pour qui est libre, les Exercices complets, dans un lieu retiré, loin des affaires ordinaires.

Vient ensuite une courte présupposition (Ex 22), souvent citée dans les formations à l'accompagnement : tout chrétien doit être « plus disposé à justifier une proposition obscure du prochain qu'à la condamner », et, s'il ne peut la justifier, lui demander comment il l'entend.

Le « Principe et fondement » (Ex 23)

Avant la première semaine, une page dense : « L'homme est créé pour louer, honorer et servir Dieu, notre Seigneur, et, par ce moyen, sauver son âme. » (Ex 23.) Les autres réalités sont données pour l'aider à atteindre cette fin : on en use dans la mesure où elles y aident, on s'en dégage dans la mesure où elles en détournent. D'où l'indifférence ignatienne : non pas la froideur, mais une liberté intérieure qui ne préfère d'avance ni la santé à la maladie, ni la richesse à la pauvreté, ni une longue vie à une vie courte, pour choisir ce qui conduit davantage à Dieu.

Les quatre « semaines »

Le mot semaine désigne une étape, pas sept jours de calendrier (Ex 4). Chacune a sa grâce propre, que la personne demande au début de chaque prière.

Première semaine : le péché et la miséricorde. Méditations sur le péché dans l'histoire du monde, puis sur ses propres péchés (Ex 45-71), toujours devant le Christ en croix : le premier colloque invite à se demander ce que l'on a fait pour le Christ, ce que l'on fait, ce que l'on fera (Ex 53). Le but n'est pas la culpabilité, mais de se découvrir pécheur pardonné.

Deuxième semaine : la vie du Christ. Elle s'ouvre par l'appel du Roi (Ex 91-98) : si un roi humain appelait des compagnons à une noble entreprise, comment ne pas répondre ? Combien plus au Christ. On contemple ensuite l'Incarnation, la Nativité, la vie cachée, la vie publique. Au milieu, quatre exercices propres à Ignace préparent le choix :

  • les Deux étendards (Ex 136-148) : deux logiques opposées, celle du Christ (pauvreté, humiliations, humilité) et celle de l'ennemi (richesses, vaine gloire, orgueil) ;
  • les Trois classes d'hommes (Ex 149-157) : trois manières de réagir devant un attachement, du report sans fin à la vraie liberté ;
  • les Trois manières d'humilité (Ex 165-168) : trois degrés d'attachement au Christ, jusqu'au désir de lui ressembler dans la pauvreté et les humiliations ;
  • l'élection (Ex 169-189) : le choix d'un état de vie, ou la réforme de sa vie dans l'état où l'on est déjà. Ignace décrit trois « temps » où un bon choix peut se faire (Ex 175-177) ; dans le troisième, plus tranquille, on pèse les avantages et les inconvénients (Ex 178-183), ou l'on imagine le conseil qu'on donnerait à un inconnu, ou ce qu'on voudrait avoir choisi à l'heure de sa mort (Ex 184-188).

Troisième semaine : la Passion. Du voyage vers Jérusalem et de la Cène jusqu'au tombeau (Ex 190-209). On demande la grâce de souffrir avec le Christ souffrant : c'est la confirmation, dans la croix, du choix fait en deuxième semaine.

Quatrième semaine : la Résurrection. On contemple le Ressuscité dans l'« office de consolateur » qu'il exerce auprès des siens (Ex 224 ; semaine : Ex 218-229). Le parcours s'achève par la Contemplation pour obtenir l'amour (Ex 230-237), qui pose d'abord que « l'on doit faire consister l'amour dans les oeuvres bien plus que dans les paroles » (Ex 230) et que l'amour consiste en un échange de dons (Ex 231). Elle conduit à reconnaître Dieu présent et agissant en toutes choses, et se conclut par l'offrande de soi (Ex 234 : la prière Prends, Seigneur, et reçois).

Les additions et les méthodes de prière

Les additions (Ex 73-90) sont des conseils concrets : penser au sujet de la prière avant de s'endormir, choisir sa posture, régler la lumière, les repas, le sommeil. Le corps prie aussi.

Le livret propose plusieurs manières de prier, détaillées sur la page Prière ignatienne :

  • la méditation, qui met en œuvre la mémoire, l'intelligence et la volonté sur une vérité (Ex 45-54) ;
  • la contemplation, qui entre dans une scène de l'Évangile : voir les personnes, entendre ce qu'elles disent, regarder ce qu'elles font (Ex 106-108) ;
  • l'application des sens, prière plus simple, en fin de journée, qui laisse les sens intérieurs goûter la scène (Ex 121-126) ;
  • le colloque, conversation libre avec le Seigneur, comme un ami parle à un ami (Ex 54) ;
  • la répétition, qui revient sur les moments où l'on a senti consolation ou désolation (Ex 62 et 118) ;
  • l'examen particulier et général (Ex 24-43), dont est issue la relecture quotidienne ;
  • les trois manières de prier (Ex 238-260), dont la prière au rythme de la respiration, mot par mot.

Les règles

La dernière partie du livret rassemble des règles, que celui qui donne explique quand la personne en a besoin (Ex 8-10).

  • Discernement des esprits, première série (Ex 313-327), pour reconnaître la consolation (ce qui fait grandir la foi, l'espérance et l'amour, Ex 316) et la désolation (trouble, tristesse, défiance, Ex 317). La plus connue : en temps de désolation, ne rien changer à ce qu'on avait décidé auparavant (Ex 318). Ces notions sont présentées sur la page Prière ignatienne.
  • Deuxième série (Ex 328-336), plus fine, pour les personnes plus avancées : l'ennemi y agit sous apparence de bien (Ex 10 ; Ex 332), et il faut examiner le début, le milieu et la fin d'une pensée.
  • Règles sur les scrupules (Ex 345-351) : distinguer la conscience délicate de la conscience scrupuleuse, et, face à celle-ci, aller dans le sens opposé.
  • Règles pour sentir avec l'Église (titre usuel ; chez Jennesseaux : De la soumission à l'Église, Ex 352-370) : écrites au temps des controverses de la Réforme, elles demandent de louer les pratiques de l'Église et de se tenir dans sa communion. La treizième (Ex 365), la plus discutée, se lit dans ce contexte : un même Esprit conduit le Christ et son Église.

S'y ajoutent des règles pour distribuer les aumônes (Ex 337-344) et une liste des mystères de la vie du Christ (Ex 261-312).


Les formes aujourd'hui

Ignace prévoyait déjà l'adaptation (Ex 18-20). On distingue aujourd'hui plusieurs formes.

  • Les Exercices complets, dits « de trente jours » (Ex 20) : un mois de retraite en silence, avec plusieurs heures de prière par jour et un entretien quotidien avec l'accompagnateur. L'annuaire de Prie en Chemin recense les retraites des centres jésuites et de la famille ignatienne (France, Belgique, Suisse).
  • Les Exercices dans la vie courante (EVC), ou dans la vie ordinaire (EVO) (Ex 19) : le parcours complet, étalé sur plusieurs mois. La personne prie chaque jour chez elle et rencontre régulièrement son accompagnateur ; certains centres le proposent en groupe.
  • Les formes « légères » (Ex 18) : quelques exercices seulement, souvent ceux de la première semaine, l'examen et des manières simples de prier.
  • Les retraites « selon les Exercices » : huit jours, ou plus courtes (quelques jours, un week-end), individuellement accompagnées ou prêchées. Elles ne parcourent pas les quatre semaines mais en reprennent la pédagogie.
  • Les retraites en ligne : un texte ou un audio quotidien pendant quelques jours ou quelques semaines. Prie en Chemin, le site des jésuites (l'adresse de l'ancien Notre-Dame du Web y renvoie aujourd'hui), en propose tout au long de l'année.

Partout, le principe de l'annotation 12 demeure : un temps de prière fixé d'avance et tenu jusqu'au bout, même quand la prière paraît sèche.


Celui qui donne les Exercices

Ignace n'écrit pas « directeur » mais celui qui donne les Exercices. Son rôle est décrit avec retenue :

  • il parle peu : il expose brièvement la matière de prière, sans développer (Ex 2) ;
  • il ne choisit pas à la place de la personne : il se tient en équilibre, « comme la balance », pour laisser Dieu agir directement (Ex 15) ;
  • il écoute les mouvements plutôt que les fautes : il cherche à connaître non les pensées et les péchés de la personne, mais les consolations et désolations qu'elle traverse, pour lui proposer les exercices qui conviennent (Ex 17) ;
  • il encourage celui qui est dans la désolation, avec douceur (Ex 7), et modère celui qui, dans la ferveur, voudrait faire des promesses précipitées (Ex 14).

On parle aujourd'hui d'accompagnateur ou d'accompagnatrice : prêtre, religieux, religieuse ou laïc. L'accompagnement ne remplace ni la confession ni une aide psychologique.

Se former à accompagner

Donner les Exercices s'apprend. En France, en 2026 :

  • les centres spirituels jésuites proposent des formations à l'accompagnement. Manrèse (Clamart) propose un parcours de deux ans pour des personnes mandatées en Église, et des sessions sur la structure des Exercices ou l'accompagnement selon les règles de discernement ; Penboc'h (Morbihan), un parcours de quatre sessions sur quatorze mois, qui suppose une retraite individuellement accompagnée de cinq à huit jours. Ces centres distinguent l'accompagnement spirituel dans la vie ordinaire de l'accompagnement de retraites selon les Exercices, qui demande une formation propre ;
  • à Marseille, les jésuites de Provence relaient pour 2026-2027 une formation du service diocésain de la vie spirituelle ;
  • la Communauté de Vie Chrétienne (CVX) forme ses membres à l'accompagnement individuel, de communautés locales et de retraites.

Ces formations supposent en général d'avoir soi-même vécu une retraite selon les Exercices, individuellement accompagnée, et d'être envoyé par l'Église ou par une communauté ; l'accompagnement s'exerce ensuite avec une supervision : relire régulièrement sa pratique avec un accompagnateur plus expérimenté. Ce cadre protège les personnes accompagnées, car la confiance créée par l'accompagnement peut être détournée (voir Emprise et dérives sectaires).


La famille ignatienne

On appelle famille ignatienne l'ensemble des congrégations, communautés et mouvements, religieux ou laïcs, qui vivent de la spiritualité d'Ignace et pratiquent les Exercices :

  • la Compagnie de Jésus, fondée en 1540 ;
  • la Communauté de Vie Chrétienne (CVX), association de laïcs. Elle descend des Congrégations mariales, nées en 1563 au Collège romain à l'initiative du jésuite Jean Leunis. La Fédération mondiale des Congrégations mariales a pris en 1967 le nom de Communautés de Vie Chrétienne. Selon son site (decouvrir.cvxfrance.org, consulté en septembre 2026), la CVX est présente dans 71 pays et compte en France plus de 7 000 membres ;
  • de nombreuses congrégations féminines de spiritualité ignatienne, comme les Religieuses du Sacré-Cœur de Jésus ou les Xavières ;
  • des réseaux : le Réseau Jeunesse Ignatien, devenu en janvier 2016 le Réseau MAGIS pour les 18-35 ans (historique) ; le MEJ pour les enfants et adolescents ; des instituts séculiers et des réseaux de diacres ;
  • des outils numériques : Prie en Chemin, vers lequel renvoie aujourd'hui l'adresse de l'ancien site Notre-Dame du Web (ndweb.org, constaté en septembre 2026).

Les papes et les Exercices

Plusieurs papes ont recommandé les Exercices après Paul III. Pie XI a déclaré saint Ignace patron céleste de tous les exercices spirituels par la constitution apostolique Summorum Pontificum (25 juillet 1922), puis a consacré aux retraites l'encyclique Mens nostra (20 décembre 1929), qui recommande en particulier la méthode d'Ignace. François (2013-2025), premier pape jésuite, était lui-même formé par les Exercices et en a souvent parlé. Son successeur, Léon XIV, élu le 8 mai 2025, est augustinien.


Idées reçues

« C'est pour les jésuites. » Ignace les a donnés à des laïcs avant même de fonder la Compagnie. Ils sont aujourd'hui proposés à tous, et beaucoup d'accompagnateurs sont laïcs.

« C'est une méthode psychologique. » Les Exercices demandent une attention fine à ce que l'on ressent. Mais leur logique est autre : c'est Dieu qui agit (Ex 15), chaque prière commence par la demande d'une grâce, et le discernement porte sur ce qui conduit à Dieu ou en détourne. Ils ne remplacent pas une thérapie.

« Il faut trente jours. » Ignace a lui-même prévu des formes courtes (Ex 18) et étalées dans la vie ordinaire (Ex 19). Les trente jours ne sont qu'une forme parmi d'autres, et ils supposent une disponibilité que tous n'ont pas.

« C'est de l'introspection. » L'examen a sa place, mais trois semaines sur quatre consistent à contempler le Christ. On regarde d'abord quelqu'un d'autre, et c'est en le regardant que l'on se découvre. Le but n'est pas de mieux se connaître, mais de mieux aimer et servir (Ex 230-237).


Et pour vous ?

Vous n'avez pas besoin de partir un mois pour entrer dans la pédagogie des Exercices.

  • Chaque jour : un temps de prière ignatienne sur l'évangile du jour, et le soir une relecture. C'est la matière même des Exercices.
  • En écoutant : les prières guidées, dont un parcours de retraite en six étapes, ou les méditations de Prie en Chemin.
  • Un temps fort : une retraite d'un week-end ou de quelques jours selon les Exercices, individuellement accompagnée. La page Retraites spirituelles vous aide à choisir.
  • Un parcours : si le désir d'aller plus loin grandit, parlez-en à un accompagnateur ; il vous aidera à discerner entre une retraite de huit jours, les Exercices dans la vie courante ou les trente jours.

Et pour savoir ce que l'on vit pendant les Exercices, lisez Vivre les Exercices.


Pour approfondir

Le texte

  • Ignace de Loyola, Exercices spirituels, trad. Édouard Gueydan sj et collaborateurs (Desclée de Brouwer / Bellarmin, coll. « Christus » n° 61, 1985) — traduction faite en équipe sur l'Autographe espagnol.
  • Ignace de Loyola, Exercices spirituels, trad. François Courel sj (Desclée de Brouwer, coll. « Christus » n° 5, 1960) — la traduction précédente, longtemps en usage.
  • Ignace de Loyola, Exercices spirituels. Texte définitif (1548), trad. Jean-Claude Guy (Seuil, coll. « Points Sagesses », 1982) — traduction de la Vulgate latine, en format de poche.
  • Traduction du P. Jennesseaux (1913) — ancienne mais libre de droits, en ligne.

Pour comprendre

  • Adrien Demoustier sj, Les « Exercices spirituels » de saint Ignace de Loyola. Lecture et pratique d'un texte (Éditions Facultés jésuites de Paris, 2006) — un commentaire qui suit le texte paragraphe par paragraphe, par un historien de la spiritualité du Centre Sèvres.
  • Pie XI, Mens nostra (1929) — l'encyclique sur les exercices spirituels.

En ligne

→ Où faire les Exercices : les maisons ignatiennes · Prière ignatienne · L'examen · Ignace de Loyola · Vivre les Exercices · Retraites spirituelles · Prières guidées