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La communion des saints

≈ 16 min de lecture · 7 parties

Sommaire
  1. Ce que dit la foi
  2. Ce qui circule : la solidarité dans le bien et dans le mal
  3. Les indulgences
  4. Et les autres Églises ?
  5. Dans la liturgie
  6. Et pour vous ?
  7. Pour approfondir

« Ainsi donc, nous aussi, entourés de cette immense nuée de témoins, […] courons avec endurance l'épreuve qui nous est proposée. » — Hébreux 12, 1


Chaque dimanche où l'on dit le Symbole des Apôtres, vous professez croire « à la communion des saints ». La formule est courte, et on la prononce souvent sans s'y arrêter. Elle dit pourtant quelque chose de très concret : personne n'est chrétien tout seul, ni sur terre ni au-delà de la mort. Cette page explique ce que l'Église entend par là, ce qui « circule » entre les membres du Corps du Christ, pourquoi les indulgences s'y rattachent, comment les autres Églises lisent cet article, et comment la liturgie le célèbre.

Pour vous repérer, la page distingue trois niveaux : ce que l'Église professe dans le Credo ou a défini ; ce qu'elle enseigne de manière ordinaire (Catéchisme, concile) ; et ce qui relève de lectures théologiques ou littéraires, éclairantes mais libres.


Ce que dit la foi

Un article du Credo

Le Symbole des Apôtres, après la foi en l'Esprit Saint et en « la sainte Église catholique », ajoute « la communion des saints ». L'expression latine, sanctorum communio, apparaît dans des formulations du Credo vers la fin du IVᵉ et au Vᵉ siècle ; le Catéchisme cite l'une des plus anciennes explications, celle de Nicétas de Rémésiana (vers 400). Pour le Catéchisme, cet article prolonge le précédent : « La communion des saints est précisément l'Église » (CEC 946).

Un mot, deux sens

Le latin sanctorum peut venir de sancta (les choses saintes) ou de sancti (les personnes saintes). L'Église garde les deux : le terme désigne à la fois la « communion aux choses saintes, sancta » et la « communion entre les personnes saintes, sancti » (CEC 948).

  • Les choses saintes : la foi reçue des apôtres, les sacrements, et avant tout l'Eucharistie, les charismes, la charité (CEC 949-953). Dans la plupart des liturgies orientales, le célébrant proclame Sancta sanctis (« Ce qui est saint pour ceux qui sont saints ») lors de l'élévation des saints Dons, avant la communion (CEC 948).
  • Les personnes saintes : ici, « saints » ne désigne pas seulement les canonisés. Saint Paul appelle « saints » tous les baptisés d'une Église locale (par exemple en 1 Co 1, 2 ou Ph 1, 1). La communion des saints, c'est d'abord la communion de tous ceux qui appartiennent au Christ.

Un seul corps

L'image de fond vient de saint Paul : « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l'honneur, tous partagent sa joie. Or, vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps » (1 Co 12, 26-27). Et ailleurs : « aucun d'entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même » (Rm 14, 7).

Les trois états de l'Église

Le concile Vatican II décrit l'Église en attendant le retour du Christ : « les uns parmi ses disciples continuent sur terre leur pèlerinage ; d'autres, ayant achevé leur vie, se purifient encore ; d'autres enfin sont dans la gloire » (Lumen gentium 49, repris en CEC 954). La tradition parlait d'Église militante, souffrante et triomphante : trois situations, une seule Église.

Et la mort ne coupe pas le lien. L'union de ceux qui sont encore en chemin avec ceux qui se sont endormis dans la paix du Christ « ne connaît pas la moindre intermittence » ; elle est même « renforcée par l'échange des biens spirituels » (Lumen gentium 49 ; CEC 955).

L'intercession des saints

Ceux qui sont déjà auprès de Dieu ne sont pas devenus spectateurs. Unis plus étroitement au Christ, « ils ne cessent d'intercéder pour nous auprès du Père », dit le concile, en offrant les mérites acquis sur terre « par l'unique Médiateur de Dieu et des hommes, le Christ Jésus » (Lumen gentium 49 ; CEC 956). La précision compte : les saints ne font pas concurrence au Christ, ils prient en lui.

Le Catéchisme cite deux saints sur leur lit de mort. Saint Dominique à ses frères : « Ne pleurez pas, je vous serai plus utile après ma mort et je vous aiderai plus efficacement que pendant ma vie. » Et Thérèse de Lisieux : « Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre » (CEC 956).

Le concile ajoute que nous ne vénérons pas les saints « seulement au titre de leur exemple » : nous cherchons à renforcer l'union de toute l'Église dans l'Esprit (Lumen gentium 50 ; CEC 957).

La prière pour les défunts

Dès les premiers siècles, l'Église a prié pour ses morts. Le texte biblique le plus cité est le récit de Judas Maccabée, qui fit offrir un sacrifice pour ses soldats tombés : « c'était là une pensée religieuse et sainte. Voilà pourquoi il fit ce sacrifice d'expiation, afin que les morts soient délivrés de leurs péchés » (2 M 12, 46 ; Lumen gentium 50 et CEC 958, qui citent ce passage sous la référence 2 M 12, 45 dans une autre traduction).

Le Catéchisme ajoute une phrase souvent oubliée : « Notre prière pour eux peut non seulement les aider mais aussi rendre efficace leur intercession en notre faveur » (CEC 958). La prière pour les défunts n'est donc pas à sens unique. Sur le purgatoire lui-même, voyez la page L'âme, le corps et le salut.

Marie, dans la communion des saints

Marie ne se tient pas en dehors de la communion des saints : le concile la salue comme « un membre suréminent et absolument unique de l'Église » (Lumen gentium 53). L'Église la prie comme mère, en précisant que son rôle « n'offusque cependant et ne diminue en rien l'unique médiation du Christ : il en manifeste au contraire la vertu » (Lumen gentium 60 ; CEC 970). Le Credo du peuple de Dieu de Paul VI (1968) le résume : elle « continue au ciel son rôle maternel à l'égard des membres du Christ » (CEC 975).


Ce qui circule : la solidarité dans le bien et dans le mal

« Le moindre de nos actes »

Le Catéchisme appelle « communion de la charité » ce lien entre les membres, et il en tire une conséquence très concrète : « Le moindre de nos actes fait dans la charité retentit au profit de tous, dans cette solidarité avec tous les hommes, vivants ou morts, qui se fonde sur la communion des saints. Tout péché nuit à cette communion » (CEC 953).

La solidarité joue donc dans les deux sens. Un acte d'amour discret porte du fruit au-delà de celui qui le pose ; un péché, même caché, n'est jamais tout à fait privé.

L'échange admirable

Au cœur de cette circulation, il y a un échange premier : le Christ a pris notre condition pour nous donner la sienne. La liturgie l'appelle admirabile commercium, l'« admirable échange », dans une antienne des vêpres du 1ᵉʳ janvier. Le Catéchisme reprend l'expression à propos de la communion des saints : « Dans cet échange admirable, la sainteté de l'un profite aux autres, bien au-delà du dommage que le péché de l'un a pu causer aux autres » (CEC 1475).

Saint Paul ose aller plus loin : « ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ dans ma propre chair, je l'accomplis pour son corps qui est l'Église » (Col 1, 24). Rien ne manque au sacrifice du Christ ; mais il associe ses membres à son œuvre.

Porter la place d'un autre : une lecture théologique

Des théologiens du XXᵉ siècle ont creusé cette idée sous le nom de substitution ou de représentation vicaire (en allemand Stellvertretung) : se tenir réellement, devant Dieu, à la place d'un autre, pour lui.

Le théologien suisse Hans Urs von Balthasar a lu l'ensemble de l'œuvre de Georges Bernanos sous cet angle dans Le Chrétien Bernanos (en allemand 1954 ; traduction de Maurice de Gandillac, Seuil, 1956). Ce n'est pas une biographie, mais une lecture théologique des romans : la sainteté, le péché, la grâce, et surtout cette idée que personne ne vit son destin seul, et que la vie et la mort des uns peuvent être offertes pour les autres. C'est une lecture théologique, pas un enseignement de l'Église ; mais elle aide à voir ce que le Catéchisme dit en une phrase : ce que chacun fait ou souffre dans et pour le Christ « porte du fruit pour tous » (CEC 961).

Chez Bernanos

Lues sous cet angle, trois figures de romans montrent la même loi : la charge passe vers le plus faible, qui la porte pour les autres.

  • Guillaume, dans Monsieur Ouine (Rio de Janeiro, 1943 ; Plon, 1946), est un garçon infirme cloué à sa fenêtre, qui a appris à souffrir. Il dit à son ami Steeny qu'il ne cherche plus à le comprendre : « il me semble que toutes vos peines passent par moi ». (La phrase est souvent attribuée au Journal d'un curé de campagne ; elle est en réalité dans Monsieur Ouine, texte de l'édition Plon de 1946.)
  • L'abbé Donissan, dans Sous le soleil de Satan (1926), avoue à son curé, l'abbé Menou-Segrais, avoir offert pour le salut des âmes tout ce qu'il avait, sa vie, les consolations de l'Esprit Saint, et jusqu'à son propre salut : « Mon salut, si Dieu le veut ! » (Iʳᵉ partie, « La tentation du désespoir », chap. IV). Menou-Segrais lui demande aussitôt de renoncer à cette pensée : Bernanos ne propose pas cette offrande comme un modèle, il la montre.
  • Le curé d'Ambricourt, dans le Journal d'un curé de campagne (1936), jeune prêtre malade et moqué, porte sans le savoir la paroisse qui le rejette. Ses derniers mots, rapportés par l'ami qui l'assiste, sont restés célèbres : « Qu'est-ce que cela fait ? Tout est grâce. »

Thérèse et les mains vides

On pourrait croire que porter les autres suppose d'avoir beaucoup à donner. Thérèse de Lisieux dit l'inverse. Dans son Acte d'offrande à l'Amour miséricordieux (9 juin 1895), elle écrit : « Au soir de cette vie, je paraîtrai devant vous les mains vides, car je ne vous demande pas, Seigneur, de compter mes œuvres. » Les mains vides ne sont pas un échec : c'est la condition pour que le bien qui passe par nous ne soit pas pris pour notre propriété. Dans la communion des saints, on est un canal, pas une source : Dieu seul donne.

Ce que ce n'est pas

  • Ni une simple compassion. Il ne s'agit pas seulement de ressentir la peine des autres, mais d'un lien réel, qui existe même quand on ne sent rien.
  • Ni une simple exemplarité. Les saints ne sont pas seulement de beaux exemples qui nous motivent ; le concile le dit expressément (Lumen gentium 50).
  • Ni une comptabilité. Personne ne « paye » à la place d'un autre comme on règle une dette ; l'image du trésor, qu'on va retrouver avec les indulgences, doit se lire à la lumière de la charité.

Les indulgences

Une définition précise

Le mot fait sourire ou grincer. Il désigne pourtant quelque chose de précis : « L'indulgence est la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée, rémission que le fidèle bien disposé obtient à certaines conditions déterminées, par l'action de l'Église, laquelle, en tant que dispensatrice de la rédemption, distribue et applique par son autorité le trésor des satisfactions du Christ et des saints » (CEC 1471, citant Paul VI, Indulgentiarum doctrina, norme 1).

Deux points pour la comprendre :

  • L'indulgence ne pardonne pas les péchés. Le pardon passe par la contrition et le sacrement de la réconciliation. L'indulgence porte sur ce qui reste une fois la faute pardonnée.
  • La « peine temporelle » désigne les séquelles du péché : l'attachement malsain aux créatures, qui a besoin de purification, ici-bas ou après la mort (CEC 1472). Le Catéchisme précise que les peines du péché, éternelle comme temporelle, ne doivent pas être conçues « comme une espèce de vengeance, infligée par Dieu de l'extérieur, mais bien comme découlant de la nature même du péché » (CEC 1472).

Pourquoi c'est lié à la communion des saints

Le chrétien qui cherche à se purifier « ne se trouve pas seul » (CEC 1474). Les biens spirituels de la communion des saints forment ce que l'Église appelle le trésor de l'Église, qui, précise le Catéchisme, « n'est pas une somme de biens, ainsi qu'il en est des richesses matérielles accumulées au cours des siècles », mais le prix infini qu'ont auprès de Dieu les mérites du Christ, auxquels s'ajoutent les prières et les bonnes œuvres de Marie et des saints (CEC 1476-1477). Par l'indulgence, l'Église ouvre ce trésor à l'un de ses membres (CEC 1478).

L'indulgence est partielle ou plénière. On peut l'obtenir pour soi-même ou l'appliquer aux défunts (CEC 1471 ; CEC 1479 ; Enchiridion indulgentiarum, norme 3) ; le droit ne prévoit pas de l'appliquer à une autre personne vivante.

Un peu d'histoire

  • Dans l'Église ancienne, les pécheurs publics accomplissaient de longues pénitences avant d'être réconciliés. Peu à peu, l'Église a admis que ces peines soient réduites ou remplacées par d'autres œuvres : prière, aumône, pèlerinage.
  • À la fin du Moyen Âge, la pratique a dérivé : l'aumône est devenue un tarif. En 1517, la prédication du dominicain Johann Tetzel, qui collectait des fonds notamment pour la reconstruction de Saint-Pierre de Rome, provoque la réaction de Martin Luther et ses 95 thèses (31 octobre 1517).
  • Le concile de Trente, dans son décret sur les indulgences (4 décembre 1563), maintient que l'Église a le pouvoir de les accorder et qu'elles sont utiles, mais demande d'abolir tout gain malhonnête qui s'y attachait.
  • Paul VI, par la constitution Indulgentiarum doctrina (1ᵉʳ janvier 1967), reconnaît lui-même que des abus s'étaient introduits et que le nom des indulgences avait été blasphémé à cause de « profits condamnables » (n° 8). Il simplifie la pratique : l'indulgence partielle sera désormais désignée « sans y ajouter un nombre de jours ou d'années déterminé » (norme 4). Les « jours d'indulgence » qu'on lisait sous les anciennes prières ne se comptent donc plus.
  • Les prières et œuvres indulgenciées sont rassemblées dans un manuel, l'Enchiridion indulgentiarum (première édition en 1968), révisé à plusieurs reprises ; la quatrième édition, en vigueur, a été promulguée par un décret de la Pénitencerie apostolique du 16 juillet 1999.

Ce qui est défini : que l'Église a le pouvoir d'accorder des indulgences et que leur usage est salutaire (Trente). Ce qui relève de la discipline : la liste des œuvres, les conditions, la manière de compter, que l'Église a déjà modifiées et peut modifier encore.

Les conditions de l'indulgence plénière

Selon Paul VI (Indulgentiarum doctrina, normes 6 à 10), il faut :

  1. accomplir l'œuvre à laquelle l'indulgence est attachée (par exemple une visite d'église, la lecture de l'Écriture pendant un temps donné, le chemin de croix) ;
  2. se confesser, communier et prier aux intentions du pape (un Notre Père et un Je vous salue Marie suffisent) ; ces trois conditions peuvent être remplies plusieurs jours avant ou après, même s'il convient de communier et de prier pour le pape le jour même (norme 8) ;
  3. exclure « tout attachement au péché, même véniel ».

L'indulgence plénière ne s'obtient qu'une fois par jour (norme 6). Si la disposition intérieure manque ou si les conditions ne sont pas remplies, elle est seulement partielle (norme 7). La troisième condition montre bien que l'indulgence n'est pas un mécanisme : elle suppose une conversion réelle.

Lors du Jubilé de 2025, ouvert par le pape François le 24 décembre 2024 et clos par Léon XIV le 6 janvier 2026, une note de la Pénitencerie apostolique du 13 mai 2024 avait fixé les conditions de l'indulgence jubilaire : pèlerinage, visite de lieux jubilaires, mais aussi œuvres de miséricorde et de pénitence.

« Alors on paye l'Église ? »

Non. Vendre une indulgence, ou n'importe quel bien spirituel, s'appelle la simonie, et l'Église la condamne. Aucune indulgence ne s'achète aujourd'hui ; les conditions sont la confession, la communion, la prière et une œuvre de foi ou de charité. La réparation du péché, c'est le Christ qui l'a accomplie ; l'indulgence n'est pas une délégation à l'Église du travail de conversion, puisque l'acte reste personnel.

Reconnaître la part de vérité de l'objection est pourtant honnête : le vocabulaire du « trésor » et de la « peine » se prête à une lecture comptable, et cette lecture a favorisé les abus de la fin du Moyen Âge.

Une relecture théologique : Karl Rahner

Le jésuite allemand Karl Rahner (1904-1984), dans plusieurs études, notamment Bemerkungen zur Theologie des Ablasses (« Remarques sur la théologie des indulgences », 1955, dans ses Schriften zur Theologie, tome II), a proposé de relire les indulgences moins comme une remise juridique de peine puisée dans un stock, que comme la prière de toute l'Église qui accompagne le pécheur pardonné dans sa lente guérison intérieure. C'est une opinion théologique, discutée ; Indulgentiarum doctrina (1967) a maintenu le vocabulaire du trésor et de la peine. Mais elle aide à entendre la doctrine à partir de ce qui la fonde : la communion des saints.


Et les autres Églises ?

Les orthodoxes

Les Églises orthodoxes professent la communion des saints avec une grande intensité : elles invoquent la Mère de Dieu et les saints, vénèrent les icônes et prient beaucoup pour les défunts (offices de mémoire, samedis consacrés aux morts). Elles ne connaissent en revanche ni la pratique des indulgences ni la doctrine latine du purgatoire, même si elles prient pour la purification et le repos des défunts ; la question a été débattue au concile de Florence (1439), sans accord durable.

Les protestants

Les Églises issues de la Réforme gardent l'article du Credo, mais le comprennent d'abord comme la communion des croyants, l'assemblée de ceux qui ont reçu la foi. La Confession d'Augsbourg (1530), texte fondateur luthérien, invite à garder la mémoire des saints pour affermir la foi et imiter leurs œuvres, mais estime qu'on ne peut prouver par l'Écriture qu'il faille les invoquer ou chercher leur aide, puisque l'Écriture présente le Christ comme le seul médiateur (art. 21). La place de la prière pour les défunts varie selon les traditions protestantes et anglicanes.

Ce désaccord porte sur la manière dont le Christ associe les siens à son œuvre, non sur l'unicité de sa médiation, que le concile rappelle lui aussi.

Un chemin commun

La Déclaration commune sur la doctrine de la justification, signée à Augsbourg le 31 octobre 1999 par l'Église catholique et la Fédération luthérienne mondiale, a établi un consensus sur les vérités fondamentales de la justification, la question même qui avait éclaté autour des indulgences. Elle ne règle pas tous les points. Pour situer ces Églises, voyez Les familles chrétiennes.


Dans la liturgie

La communion des saints n'est pas une idée : elle se célèbre.

  • La Toussaint (1ᵉʳ novembre) fête tous les saints, connus ou inconnus, ceux dont personne ne se souvient.
  • La Commémoraison de tous les fidèles défunts (2 novembre) est le jour de la prière pour les morts ; chaque prêtre peut y célébrer trois messes, une faculté étendue à tous les prêtres par Benoît XV (constitution Incruentum altaris, 10 août 1915), pendant la Première Guerre mondiale ; elle était auparavant réservée à l'Espagne, au Portugal et à leurs territoires. Du 1ᵉʳ au 8 novembre, une indulgence plénière, applicable seulement aux défunts, est attachée à la visite d'un cimetière avec une prière pour eux, même mentale (Enchiridion indulgentiarum, concession 29).
  • La litanie des saints est chantée aux moments où l'Église engage une vie : à la veillée pascale avant les baptêmes, aux ordinations (pendant que les ordinands sont prosternés), aux professions religieuses solennelles, à la dédicace d'une église.
  • La prière eucharistique I (Canon romain) nomme, avant la consécration (Communicantes), la Vierge Marie, saint Joseph, les apôtres, puis des papes et des martyrs des premiers siècles ; après la consécration (Nobis quoque), Jean-Baptiste, Étienne, Félicité et Perpétue, Agnès, Cécile et d'autres. Toutes les prières eucharistiques font mémoire des défunts et des saints.

Et pour vous ?

La communion des saints se vit sans rien d'extraordinaire.

  • Prier avec les saints. Choisissez un saint avec qui vous avez des affinités : un patron de baptême, une figure qui vous parle. Demandez-lui de prier avec vous, comme vous le demanderiez à un ami. Pour découvrir ces visages, voyez Les saints.
  • Prier pour vos morts. Nommez-les, à la messe ou dans votre prière. Faire célébrer une messe pour un défunt, visiter une tombe en novembre, ce sont des gestes de communion, pas des superstitions.
  • Confier et se laisser confier. Quand quelqu'un vous demande de prier pour lui, c'est la communion des saints qui s'exerce. Quand vous ne pouvez plus prier, d'autres le font pour vous.
  • Ne pas être propriétaire de sa prière. Vous ne savez pas où va le bien que vous faites ni à qui il profite. Une prière sèche, une journée offerte, une souffrance portée en silence ne sont pas perdues. La tradition ignatienne recommande d'ailleurs de rester fidèle au temps de prière prévu même quand elle paraît vide, plutôt que de l'écourter (Exercices spirituels, annotation 13).

Pour approfondir

→ Les saints · L'âme, le corps et le salut · Les mystères · Les familles chrétiennes · Qui devient saint ?