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Livre de · 50 chapitres

Genèse

Gn 1,1-2
Liturgie · Vigile pascale
AELF · Bible liturgique

1 Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.

2 La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l'abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux.

Gn 1,1-2
Commentaire

Un Poème Optimiste

Parce qu'il s'agit d'un poème, il ne faut pas se méprendre sur le sens des deux premiers mots : « Au commencement ». L'auteur ne prétend pas décrire un fait historique et il ne prétend nullement être scientifique ; ce n'est pas un savant, c'est un poète qui parle, c'est surtout un croyant.... qui médite sur la relation entre Dieu et l'humanité. On pense qu'il écrit au sixième siècle av. J.-C., pendant l'Exil à Babylone.

Qui dit Babylone dit exil, persécution, idolâtrie ambiante : là-bas, chaque année, pour la fête en l'honneur du dieu Mardouk, on récitait un poème (on l'appelle le « poème babylonien de la création », ou « l'Enouma Elish ») qui racontait les débuts du monde et la création de l'humanité.

Face à cette idolâtrie, les prêtres d'Israël cherchaient à maintenir vivante la foi du peuple exilé et la pratique du sabbat. Ils ont donc composé leur propre poème de création qui se démarque du texte babylonien pour défendre la foi au Dieu unique.

On peut noter au moins trois points d'insistance : Premièrement, le Dieu de la Bible est l'Unique : Il est le Créateur de tout l'univers, il n'est pas un élément de la Création : par exemple, si le soleil et la lune sont appelés seulement les « luminaires », c'est pour bien manifester qu'ils ne sont que des créatures, et qu'ils ne sont là que pour remplir la fonction pour laquelle Dieu a décidé de les créer.

Et Dieu Vit Que Cela Était Bon

Deuxième insistance de ce poème biblique : la Création est une œuvre d'amour. La formule « Dieu vit que cela était bon » revient sept fois comme un refrain. Et le mot « TOV », en hébreu, signifie bon, bien, bonheur ; nous ne sommes pas livrés au hasard, nous sommes dans la main du Père. En cela les croyants d'Israël se démarquent de leur entourage : le poème babylonien, au contraire, considérait la création comme fondamentalement mélangée, bonne et mauvaise à la fois.

Troisième insistance : l'humanité est l'image de Dieu et cette image est à deux visages « Il les créa homme et femme. » Voilà pourquoi, en Israël toute représentation de Dieu est interdite : l'être humain créé par Dieu est sa seule image possible ; on comprend aussi la prédication des prophètes sur le respect de tout homme.

Et l'ordre donné par Dieu dit bien la vocation de l'homme : « Remplissez la terre et soumettez-la ». Cela veut dire que l'humanité est responsable de la création : l'homme est au sommet de la création et a vocation à régner sur elle, à l'image de Dieu. En Mésopotamie, au contraire, on imaginait l'humanité créée pour servir les dieux fatigués de se nourrir eux-mêmes.

Ce rôle prévu par Dieu pour l'homme signifie que la création est une aventure en devenir ; tout n'est pas joué, ce n'est pas du « clé en mains » : à la fin des temps, les sept jours aboutiront à un huitième.

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